Aux Canaries, la santé mentale des mineurs non accompagnés préoccupe ONG et pouvoirs publics
Dans l’archipel espagnol, près de 6 000 enfants sont sous la tutelle du gouvernement local. Comment répondre à leurs besoins fautes de moyens matériels et humains limités ? La question était au cœur mardi d’une journée dédiée et organisée sur l’Ile de Gran Canaria (Grande Canarie) par l'Unicef Espagne.
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Avec notre correspondant à Las Palmas, Nicolas Kirilowits
Certains d’entre n’ont même pas dix ans, les enfants qui tentent la traversée seuls depuis l’Afrique de l’Ouest pour rejoindre l’Europe et les îles Canaries, connaissant un voyage évidemment éprouvant physiquement, mais aussi et surtout psychologiquement.
« À leur arrivée, je pense que le véritable processus de migration commence. Ils sont confrontés à une multitude de situations complexes. Les frustrations, les incertitudes, le fait de ne pas savoir ce qui va se passer... Il est évident que cela va au-delà du fait de leur trouver un logement ou de les nourrir », explique Sandra Rodriguez Gonzalez, la directrice de la protection de l'enfance du gouvernement des îles Canaries.
Saturation des services d'accueil
Devenue depuis la crise de la Covid-19 l’une des portes d’entrée les plus sollicitées par les candidats à la migration vers l’Europe, les îles Canaries font face à une presque saturation de leurs services d’accueil. Les professionnels de santé manquent notamment pour s’occuper de près de 6 000 mineurs.
« Les professionnels qui s'occupent de ces enfants doivent avoir la capacité de comprendre leurs besoins, de détecter leurs problèmes et de savoir s'ils sont en situation de grande vulnérabilité. Ce n'est pas la même chose par exemple de s'occuper d'un enfant qui a un handicap que de s'occuper d'un enfant qui n'en a pas », détaille Lucia Losoviz Adani, la responsable de la politique de l'enfance pour Unicef Espagne.
Pour soulager les îles Canaries, un accord parlementaire a été trouvé en mars pour une répartition des mineurs non accompagnés sur l’ensemble du territoire espagnol. Malgré quelques couacs politiques et juridiques, les premiers jeunes devraient quitter l’archipel pour rejoindre la péninsule cet été.
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