Migrants: l'Allemagne met fin à son soutien financier au sauvetage civil en mer

Selon des sources au ministère des Affaires étrangères, l’Allemagne a décidé de mettre fin à son soutien financier aux ONG de sauvetage civil en mer Méditerranée et ailleurs. Il s’agit d’un nouveau durcissement de la politique migratoire allemande.

Des sauveteurs de l'ONG Sea-Eye viennent au secours de migrants en détresse sur la mer Méditerranée, le 6 avril 2020.
Des sauveteurs de l'ONG Sea-Eye viennent au secours de migrants en détresse sur la mer Méditerranée, le 6 avril 2020. CEDRIC FETTOUCHE / SEA-EYE.ORG / AFP
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L'Allemagne serre à nouveau la vis concernant sa politique migratoire. Ce mercredi 25 juin, des sources au ministère des Affaires étrangères ont annoncé que les autorités allemandes n’allaient plus financer le sauvetage civil en mer Méditerranée ou autres. « Le gouvernement fédéral ne prévoit plus de subventions aux ONG engagées dans le sauvetage civil », ont indiqué ces sources à l'AFP.

Cette décision du gouvernement entré en fonction début mai marque un changement de cap par rapport à la politique menée par la précédente coalition qui avait défendu ces aides.

Cette décision est un coup dur pour les organisations humanitaires qui interviennent pour secourir les migrants. Les ONG ayant le plus bénéficié de ces aides sont notamment SOS Humanity, SOS Méditerranée, RESQSHIP, Sea-Eye et Sant'Egidio, qui s'engagent dans le sauvetage des migrants en Méditerranée, l'une des routes migratoires les plus mortelles au monde.

« Il y aura plus de personnes en détresse en mer »

Ainsi, les ONG comme Sea-Eye perdent « une contribution très significative », regrette Anna di Bari, de l'ONG. Au premier trimestre de l'année en cours, 900 000 euros ont encore été versés aux organisations concernées, après un total de 2 millions d'euros en 2024, a-t-il été précisé de source ministérielle.

« Les missions qu'on planifie coûtent beaucoup d'argent pour qu'on puisse être opérationnels, et quand on parle de montants de plusieurs centaines de milliers d'euros, on le ressent très, très fortement », plaide-t-elle.

Elle craint notamment les conséquences humaines désastreuses que peut avoir cette fin des financements. « L’aide allemande a permis de financer plusieurs missions. Donc maintenant, évidemment, on se demande sérieusement comment combler ce manque, parce qu'on voit bien, avec les différentes situations en Méditerranée, que les besoins, en réalité, continuent d’augmenter plutôt que de baisser. Et si ces fonds ne sont plus disponibles, ça peut très vite se traduire par une réduction du nombre de missions. Ce qui signifie qu'il y aura plus de personnes en détresse en mer qui ne pourront pas être secourues et donc plus de morts », ajoute Anna di Bari.

Sur les 21 ONG participant à la flotte de sauvetage en Méditerranée centrale, dix sont allemandes, avait indiqué mi-juin un collectif de ces organisations. Et ces organisations ont secouru plus de 175 000 migrants lors des opérations menées au cours des dix dernières années.

Sur la route migratoire de la Méditerranée centrale, les drames sont fréquents. Chaque année, des milliers de migrants souhaitant rejoindre l'Europe embarquent sur de dangereuses embarcations de fortune pour traverser la mer. L’année dernière, 1 810 personnes sont décédées sur cette route migratoire, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Elles sont 539 depuis le début de l’année.

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