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Ukraine

La Russie dément avoir lancé un ultimatum aux forces ukrainiennes

Des manifestants pro-russes depuis le bâtiment du gouvernement régional, à Donetsk, le 3 février 2014.
Des manifestants pro-russes depuis le bâtiment du gouvernement régional, à Donetsk, le 3 février 2014. REUTERS/Valeriy Bilokryl
Texte par : RFI Suivre
5 mn

La Flotte russe de la mer Noire a démenti ce lundi soir avoir lancé un ultimatum aux forces ukrainiennes de Crimée, comme l'a rapporté auparavant une source proche du ministère ukrainien de la Défense. Tandis qu'à Donetsk, près de la frontière, des Ukrainiens pro-russes ont pris d'assaut le siège de l'administration régionale.

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Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit une nouvelle fois ce lundi soir autour de la crise en Ukraine. Si Vladimir Poutine a accepté le principe d'un groupe de contact sur cette crise, ses troupes continuent à débarquer en Crimée et la diplomatie s'active pour tenter de trouver une solution. C'est dans ce contexte que certaines informations ont commencé à circuler dans la journée, affirmant selon une source proche du ministère ukrainien de la Défense, rapportée par l'agence Interfax, que le commandant de la Flotte de la mer Noire, le vice-amiral Alexandre Vitko, avait sommé les forces ukrainiennes présentes en Crimée de déposer les armes avant 03h00 GMT mardi.

Cette information a entraîné une avalanche de spéculations et de commentaires, avant d'être démentie par le représentant de l’état-major de la Flotte russe de la mer Noire, cité par l’agence Interfax et par un porte-parole du ministère russe de la Défense, selon la version en ligne du journal russe Vedomosti, rapporte notre envoyée spéciale à Kiev, Anastasia Becchio. « C'est une absurdité totale », « Aucune attaque n'est en préparation, aucun ultimatum n’a été posé aux forces ukrainiennes présentes en Crimée », se défendent les Russes.

Si les bruits de bottes semblent donc pour l'instant s'éloigner, la situation reste très versatile et cet épisode illustre surtout la véritable guerre de l’information à laquelle se livrent les deux parties : la propagande bat son plein, chaque camp lance des informations ou des rumeurs, ensuite démenties ou non par l’autre. C’est une véritable guerre des nerfs qui se joue entre Moscou, Kiev et la péninsule autonome de Crimée. Autre information à prendre avec la plus grande précaution : le vice-ministre de l'Intérieur ukrainien dit s'attendre à des provocations en Crimée la nuit prochaine. « Des inconnus se présentant comme des Ukrainiens projettent de tuer trois ou quatre soldats russes, offrant un prétexte à une intervention des troupes russes sur le territoire ukrainien ».

Ce lundi, l'Union européenne a menacé de remettre en cause ses relations avec la Russie en l'absence de « désescalade » en Ukraine, ont indiqué les ministres européens des Affaires étrangères dans une déclaration, à l'issue d'une réunion d'urgence sur la crise ukrainienne à Bruxelles.


« Les 28 membres de l'Alliance atlantique ne font pas le monde »

Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

A Moscou, on juge « inadmissibles » les menaces du secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui avait dénoncé « l'invasion » de l'Ukraine par la Russie, ajoutant qu'elle risquait en conséquence de perdre son siège au G8. La menace a été prise de haut par le ministre russe des Affaires étrangères : « Ceux qui essaient d'interpréter la situation comme une agression et menacent de sanctions et de boycottage sont les mêmes qui ont systématiquement encouragé le déni du dialogue et la polarisation de la communauté ukrainienne ». Serguei Lavrov a été extrêmement dur dans ses propos à l'égard des Etats-Unis.

Il est vrai que la Russie affirme ne pas se sentir isolée. « Les 28 membres de l'Alliance atlantique ne font pas le monde », a ainsi déclaré le président de la Commission des affaires étrangères au Parlement russe. Selon Alexei Pouchkov, « la logique de l'isolement n'a pas marché pour l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, elle ne marchera pas mieux cette fois-ci », a-t-il expliqué en référence aux deux régions de Georgie dont l'indépendance est reconnue par Moscou depuis la guerre russo-georgienne de 2008. Et d'ajouter que de nombreux pays n'ont pas émis de critique, notamment les plus importants tels que l'Inde et la Chine.

Il y a justement eu un échange téléphonique entre Pékin et Moscou au sujet de l'Ukraine. D'après les Russes, il existe une large convergence de vue entre les deux pays. Pékin pour sa part dit rester fidèle à son principe de non-ingérence, et respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Pour Vladimir Poutine qui veut créer une union douanière eurasiatique, le soutien de Pékin est peut-être plus important que les critiques de Washington.

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