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UKRAINE

Ukraine: les régions de Donetsk et Lougansk à la croisée des chemins

Bureau de vote à Lougansk, le 11 mai 2014.
Bureau de vote à Lougansk, le 11 mai 2014. REUTERS/Valentyn Ogirenko
Texte par : RFI Suivre
5 mn

En Ukraine, les pro-Russes n’ont pas cédé aux pressions des autorités de Kiev et de la communauté internationale. Ils organisent ce dimanche 11 mai, comme ils l’avaient prévu, un référendum sur l’indépendance des Républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk. Quant aux partisans de l’Ukraine unie, ils boycotteront le scrutin. Les bureaux de vote ont ouvert à 8 h, heure locale (5 h TU).

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L’envoyé spécial de RFI, Daniel Vallot se trouvait à l’école numéro 17, en plein centre-ville de Donetsk, tôt ce dimanche matin. C’est l’un des 1 200 bureaux de vote mis en place aujourd’hui, selon les organisateurs de ce référendum, pour permettre aux 7,5 millions d'habitants du bassin du Donbass de se prononcer sur leur avenir. Quelques électeurs attendaient déjà avant l’ouverture, mais rapidement une longue file s'est formée.

L’un d’eux, la quarantaine, ruban de Saint-Georges à la boutonnière, a confié vouloir voter pour l’indépendance de la République de Donetsk : « Nous n’avons pas d’autres solutions que de nous séparer de l’Ukraine et de ce gouvernement de fascistes. » Un discours ressassé depuis le début de la crise dans l’est du pays par les partisans de cette indépendance, voire du rattachement à la Russie. En l’occurrence, cet électeur espère qu’à terme la République de Donetsk intègrera la Fédération de Russie.

« Nous ne pouvons pas vivre ensemble »

A Marioupol, plus au sud dans la même région, l'état d'esprit est peu ou prou le même. Eugène y habite et il est un farouche partisan de la souveraineté de la région. Son intention est claire, il va voter pour l’indépendance et il espère même voter un jour pour le rattachement à la Russie.

Une longue file d'attente devant un bureau de vote du centre-ville de Marioupol, le 11 mai 2014.
Une longue file d'attente devant un bureau de vote du centre-ville de Marioupol, le 11 mai 2014. REUTERS/Marko Djurica

«  Je vais voter, oui, parce que nous ne pouvons pas vivre avec ces gens qui tuent des citoyens pacifiques, affirme-t-il au micro de RFI. Nous ne pouvons pas vivre ensemble, nous n’acceptons pas la junte qui est au pouvoir à Kiev. Nous ne pouvons pas vivre avec des gens qui envoient l’armée pour nous tuer. »

Il assure aussi que certains à Marioupol ne vont pas se déplacer aux urnes, par peur des violences. Cette cité portuaire, sur les bords de la mer d'Azov, a été vendredi le théâtre de violents affrontements entre pro-Russes et militaires ukrainiens, combats qui ont causé la mort de plus de 20 personnes. « Je ne pense pas que la République de Donetsk puisse rester vraiment indépendante, ajoute Eugène. Elle n’aura pas d’autre choix que de se rattacher à la Russie. C’est vrai que nous avons une industrie puissante mais notre avenir est lié à la Russie. Nous ne pourrons pas vivre sans elle. Cela ne fait aucun doute. »

Un avis que l'on retrouve un peu partout dans l'est de l'Ukraine. Mais il est évident que les conditions de sécurité sont loin d’être réunies pour le scrutin de ce dimanche.

Détonations à Sloviansk

Aux abords de Sloviansk,  les combats ont en effet repris ce dimanche matin. Dans le village d’Andriïvka, au sud de la ville, des combats ont eu lieu entre des séparatistes pro-russes et les soldats ukrainiens qui encerclent la localité depuis l’enclenchement d’une vaste « opération antiterroriste » décrétée par Kiev, le 2 mai dernier. C’est en tout cas ce qu’affirme une représentante des insurgés qui évoque « des victimes », sans en préciser le nombre.

Dans la nuit, de fortes détonations ont été entendues, relève l’Agence France-presse, ainsi que des rafales d’armes automatiques.

Boycott des pro-Kiev

L’organisation du vote et le dépouillement seront entièrement pris en charge par les militants séparatistes, aucun observateurs extérieurs qu’ils soient étrangers ou ukrainiens ne pourront s’assurer de la régularité du scrutin. Dans ces conditions, les habitants de la région de Donetsk qui s’opposent au projet séparatiste ont décidé de boycotter le vote.

Kiev et les Occidentaux ont par ailleurs condamné la tenue de ces référendums dans l'Est ukrainien. « Les référendums planifiés dans plusieurs villes dans l'est de l'Ukraine sont illégaux », ont affirmé de concert la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande, hier, samedi.

 → A (RE)LIRE : Crise en Ukraine: Hollande et Merkel haussent à nouveau le ton

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