Danemark

Fusillade à Copenhague pendant un débat sur la liberté d'expression

Les forces de police danoises sécurisent la zone où s'est déroulée la fusillade, samedi 14 février à Copenhague.
Les forces de police danoises sécurisent la zone où s'est déroulée la fusillade, samedi 14 février à Copenhague. REUTERS/Mathias OEgendal/Scanpix Denmark

A Copenhague, au Danemark, des coups de feu ont été tirés ce samedi 14 février à l'extérieur d'un café où se tenait un débat sur l'islamisme et la liberté d'expression. Un premier bilan fait état d'un mort et de trois policiers blessés. Parmi les invités figuraient l’ambassadeur de France et un caricaturiste habitué à dessiner le prophète Mahomet.

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La fusillade a éclaté lors d'un débat sur l'art, le blasphème et la liberté d'expression, indique notre correspondante à Copenhague, Sung-Shim Courier. Il se tenait en présence du Suédois Lars Vilks. L'artiste controversé est connu notamment pour avoir représenté en 2007 le prophète Mahomet dans le corps d'un chien. Ce serait lui qui aurait été la cible des tirs. Parmi les invités à ce débat figurait aussi l'ambassadeur de France, François Zimeray, qui a indiqué dans un tweet qu'il était « indemne ».

N'ayant pas pu pénétrer dans la salle où se tenait la réunion, le ou les assaillants ont alors tiré à travers la porte. Les participants se sont jetés au sol. Selon les témoins, une cinquantaine de coups de feu ont été tirés. L’intervention des policiers a probablement évité le pire. Le dessinateur suédois a pu être évacué. Mais un dernier bilan rapporte qu'un homme d'une quarantaine d'années a été tué et trois policiers blessés.

Après avoir parlé de deux hommes, la police danoise a affirmé ce samedi soir que selon les premiers témoignages recueillis, il n'y en avait qu'un. Une photo a été diffusée via un communiqué publié sur internet. Prise en fin d'après-midi à la nuit tombante, elle montre un homme vêtu d'une doudoune et d'un bonnet ou d'une cagoule.

La Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt s'est rendue ce samedi soir sur les lieux de la fusillade où elle a déclaré à la presse que le mobile de l'attaque était politique et qu'il s'agissait bien d'un « attentat terroriste ». « Nous sommes en état d'alerte avancé dans tout le pays », a-t-elle ajouté. Plus tôt, Paris a également condamné une « attaque terroriste ». Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé qu'il allait se rendre sur place.

Lars Vilks menacé depuis 2007

En 2010, déjà, un projet d'attentat contre Lars Vilks avait été déjoué par la police en Irlande. Sa tête avait été mise à prix en 2007 par Abou Omar al-Baghdadi, le défunt chef de l’organisation Etat islamique en Irak, mort en 2010. Cette année-là, Lars Vilks avait publié dans un journal suédois sa caricature censée représenter le prophète Mahomet affublé d’un corps de chien.

Mais il n'est pas le premier caricaturiste scandinave à être menacé par des islamistes. Deux ans plus tôt, en 2005, le quotidien danois Jyllands-Posten avait publié douze caricatures qui avaient provoqué un tollé dans le monde musulman. Face à la colère et aux menaces, par solidarité, la presse européenne, et notamment l’hebdomadaire Charlie Hebdo, avait repris ces dessins.

Le dessin le plus polémique était celui du turban en forme de bombe. Son auteur, Kurt Westergaard, a vu sa tête être mise à prix par des islamistes pakistanais et a été par la suite la cible de plusieurs attaques. En février 2008, un attentat est déjoué et deux suspects arrêtés. Le dessinateur est ensuite agressé en mai 2010 lors d’une conférence à l’université d’Uppsala. Des individus tentent peu après d’incendier sa maison. Quelques mois plus tard, un jeune Somalien armé d’une hache l’attaque chez lui. Kurt Westergaard vit aujourd’hui de façon permanente sous protection.

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