Grèce

Le Parlement grec donne son feu vert aux propositions de Tsipras

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras félicité après le feu vert du Parlement à son programme de réformes, le 11 juillet 2015.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras félicité après le feu vert du Parlement à son programme de réformes, le 11 juillet 2015. REUTERS/Christian Hartmann
Texte par : RFI Suivre
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Le Parlement grec a voté à une large majorité le plan de réformes proposé par le gouvernement d’Alexis Tsipras aux créanciers. Un accord qui va permettre au Premier ministre grec de négocier avec les créanciers sur la base des nouvelles propositions transmises jeudi soir.

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Alexis Tsipras va pouvoir aller négocier avec les créanciers de la Grèce (UE, BCE, FMI) sur la base du programme de réformes mis sur la table jeudi soir. Le Parlement grec a en effet donné cette nuit son feu vert à la proposition d'accord soumise aux créanciers du pays par son gouvernement.

Le Premier ministre a recueilli 251 votes positifs sur un total de 300 députés. Sur les 291 qui ont pris part au vote, 32 ont voté contre et huit se sont abstenus.

Mais Alexis Tsipras a essuyé quelques désaccords dans les rangs de la gauche radicale. En effet, dix députés de Syriza ont fait défection. Huit se sont abstenus et deux ont voté contre. Parmi les huit abstentionnistes figurent trois personnalités de sa majorité : le ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis et le ministre délégué aux Caisses d'assurance sociale Dimitris Stratoulis, de l'aile eurosceptique de Syriza, ainsi que la présidente du Parlement Zoe Konstantopoulou, troisième personnage de l'Etat.

Plusieurs députés de Syriza étaient par ailleurs absents, dont l’ex-ministre des Finances Yanis Varoufakis. Le texte a donc été adopté avec les voix de l’opposition.

En défendant le paquet de mesures devant les parlementaires vendredi soir, le Premier ministre grec avait fait de ce vote un choix de « haute responsabilité nationale ». Mais il avait reconnu que les mesures proposées par son gouvernement étaient « loin » des promesses électorales de son parti.

Les créanciers enfin satisfaits par les propositions

Côté créanciers, vendredi, les experts ont décortiqué une à une les propositions émises par la Grèce. Les dirigeants de la BCE, de la Commission européenne, de l'Eurogroupe et du FMI ont tenu une téléconférence pour émettre un avis politique sur la question. Et les quatre institutions sont tombées d'accord pour dire que les propositions grecques étaient positives et qu'elles constituaient une bonne base de négociations. Ce n'est pas la première fois, ces dernières semaines, qu'un accord semble à portée de la main, mais c'est la première fois qu'un tel optimisme est affiché. Ce signal politique ouvre la voie à une approbation formelle cet après-midi de l'ouverture de négociations lors de la réunion de l'Eurogroupe.

Les 19 Etats membres de la zone euro n'étaient pas tous sur la même longueur d'onde vendredi, rapporte notre bureau à Bruxelles, mais ils vont apparemment pouvoir accorder leurs violons car les mesures proposées par la Grèce vont largement dans le sens qu'ils souhaitaient, que ce soit sur la TVA, les retraites, la taxation ou les objectifs budgétaires.

Il y aura ce samedi matin une réunion du groupe de travail de la zone euro pour mettre la dernière main aux évaluations de l'impact financier des mesures grecques afin de permettre le feu vert de l'Eurogroupe qui n'aura plus qu'à être validé par le sommet de dimanche. C’est là que sera débattue la question de la dette, deuxième volet de ce donnant-donnant entre la Grèce et ses créanciers.


 ■ Dehors, des manifestants divisés

Les débats ont été houleux vendredi soir, au Parlement grec : plusieurs députés de Syriza ont fait défection au moment du vote des réformes proposées par Alexis Tsipras. Ils disent refuser une nouvelle couche d'austérité. C'est aussi pour cette raison que plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées sur la place de la Constitution à Athènes. Mais les manifestants, eux-aussi, étaient divisés.

De notre correspondante à Athènes, Charlotte Stiévenard

Sur une des banderoles, on peut lire : « Nous avons voté non, vous revenez avec le oui. » Kostas Andris travaille pour un photographe. Il se dit plus à gauche que Syriza. Pour lui, les propositions de réformes du gouvernement n'offrent pas de solution durable. C'est la même politique que ces cinq dernières années : « Elle est pire et après ces nouvelles mesures, il y en aura encore d'autres, parce que tant que nous n'aurons pas d'argent, nous ne serons pas capables de rembourser nos dettes. »

Pour lui, la seule solution, c’est de sortir de la zone euro. Ce n'est pas ce que pense Elena qui travaille pour une organisation non gouvernementale. Elle estime que le gouvernement fait de son mieux pour éviter ce scénario : « Je pense que nous n'avons pas d'autre possibilité, car sinon nous devrons retourner à la drachme, notre monnaie nationale. Nous avons beaucoup de pression de l'extérieur du pays et notre gouvernement aussi. »

C'est ce qu'a expliqué Alexis Tsipras dans son discours devant le Parlement. Pour le Premier ministre grec, son gouvernement est allé aussi loin qu'il le pouvait, mais il estime désormais être dans une zone critique.

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