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ECONOMIE

Crise économique : programme minimum pour la rencontre Sarkozy-Merkel

Nicolas Sarkozy et  Angela Merkel, à Bruxelles, juin 2011.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, à Bruxelles, juin 2011. Reuters
5 mn

Réunion de crise autour des questions économiques entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. La visite de la chancelière allemande à Paris, ce mardi 16 août 2011 au soir, ne devrait pas déboucher sur des mesures d’envergure pour lutter contre la crise financière. Berlin sous pression se refuse à nourrir des attentes démesurées et voit dans la rencontre une réunion de travail, sans plus.

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De notre correspondant à Berlin

« Il ne faut rien attendre de spectaculaire à l’issue de cette rencontre ». Pour le porte-parole d’Angela Merkel, la visite pourtant très attendue de la chancelière à Paris n’est qu’une réunion de travail prévue depuis le sommet de la zone euro le 21 juillet et destinée à discuter de la mise en place des décisions arrêtées : l’extension des compétences du fonds de stabilité pour l’euro qui pourra racheter des dettes souveraines des Etats, une gouvernance plus étroite de la zone euro impliquant une plus grande coordination des politiques économiques. Ni plus, ni moins.

Angela Merkel a horreur d’être mise sous pression et n’a qu’un goût modéré pour les effets de manche. Durant ses vacances comme depuis son retour à Berlin il y a une semaine, elle a beaucoup téléphoné et consulté concernant la crise de la dette, mais elle n’a fait aucune déclaration publique et convoqué aucune réunion de crise.

Merkel ne parlera pas d'euro-obligations

Son porte-parole a refroidi un peu plus les attentes en amont de la rencontre de mardi en déclarant que les euro-obligations omniprésentes dans les médias ces jours-ci ne figureraient pas à l’agenda de la rencontre avec Nicolas Sarkozy. Une information confirmée dans la foulée à Paris par la présidence de la République. Pour Berlin, les efforts des Etats membres de la zone euro afin d’assainir leurs finances et de respecter le pacte de stabilité constituent la meilleure solution pour surmonter les problèmes actuels. Les euro-obligations, ces emprunts qui seraient lancés par l’ensemble de la zone euro à un taux unique ne sont pas à l’ordre du jour.

Ils auraient l’avantage pour leurs défenseurs de réduire les coûts pour les pays en difficulté dont les conditions sur les marchés pour financer leurs dettes sont défavorables. Mais un taux unique signifierait à l’inverse pour l’Allemagne, bon élève de la classe européenne, des dépenses plus élevées. A l’heure où l’opinion allemande se refuse à payer pour des pays « mal gérés », la mesure n’a pas le vent en poupe. Elle reste très impopulaire au sein de la coalition conservatrice de la chancelière Merkel. Le parti libéral ne veut pas en entendre parler. Un député de ce mouvement menace même de quitter la coalition l’associant aux chrétiens-démocrates d’Angela Merkel si cette dernière devait faire des concessions sur ce dossier.

Pression interne

Dans les coulisses pourtant, l’opposition résolue aux euro-obligations n’est plus aussi frontale. Un groupe de travail des chrétiens-démocrates se pencherait sur le dossier pour trouver des solutions afin que l’addition ne soit pas trop salée pour l’Allemagne. Ce qui était exclu hier pourrait se révéler nécessaire demain. Car Berlin se rend compte que les fonds de soutien à l’euro et aux pays en difficulté n’ont pas suffi à rassurer les marchés comme l’ont montré les turbulences de la semaine dernière.

Angela Merkel a dans sa ligne de mire l’adoption par son Parlement des décisions européennes du 21 juillet en septembre. Une adoption qui n’aura rien d’une partie de plaisir, certains députés de la majorité menaçant de lui faire faux bond. Ils rejettent notamment la décision permettant au fonds de stabilité de l’euro de racheter des obligations des Etats souverains sur le marché secondaire. Certains observateurs spéculent déjà sur une fin prématurée du gouvernement Merkel.

Face à cette pression interne, la chancelière ne pourrait accepter de faire un pas vers des euro-obligations qu’à des conditions drastiques impliquant une réduction de l’autonomie financière et budgétaire des différents Etats membres afin qu’une plus grande discipline et une harmonisation fonctionnent à l’avenir.

Nicolas Sarkozy déjeune ce midi avec son Premier ministre François Fillon. La question de la réduction du déficit public est la raison d'être de cette rencontre entre le Président et le Premier ministre. L'Elysée maintient ses objectifs de réduction pour 2011 et 2012, mais avec une croissance nulle au second trimestre, il va falloir multiplier les solutions.

C'est surtout sur la fiscalité que le gouvernement veut jouer. Pourtant, le ministre de l'économie François Baroin, se refuse à parler de hausses d'impôts. Ce serait en effet assez risqué, moins d'un an avant l'élection présidentielle.

Dans les différentes mesures étudiées par l'exécutif, il s'agit bien d'augmenter les recettes fiscales. La principale décision pour le faire de manière détournée est de continuer à supprimer des niches.

La ministre du budget Valérie Pécresse, a déjà annoncé un rabotage de 3 milliards d'euros, en se gardant de donner des détails.

L'idée d'une augmentation de la TVA fait aussi son chemin. François Baroin s'y dit opposé, mais au sein des députés de la majorité, l'hypothèse est de plus en plus populaire. Certains souhaitent notamment revenir sur la baisse de la TVA dans la restauration : la mesure ne fait plus l'unanimité depuis longtemps, même au sein de la droite.

Enfin, François Baroin et Valérie Pécresse planchent sur un impôt sur la fortune qui ne dit pas son nom. La mesure viserait à taxer  1% à 2% des contribuables dont les revenus dépassent 1 million d'euros. Elle rapporterait de 150 à 300 millions d'euros à l'Etat. Rien n'est encore décidé : Nicolas Sarkozy doit trancher ou non en sa faveur d'ici la fin de l'été.

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