UKRAINE

Ukraine: démission du Premier ministre, abrogation des lois anti-contestation

Au Parlement ukrainien, le 28 janvier 2014.
Au Parlement ukrainien, le 28 janvier 2014. REUTERS/Gleb Garanich

En Ukraine, les événements se précipitent. Le Premier ministre Mykola Azarov, par voie de communiqué, a annoncé sa démission ce mardi 28 janvier. Une décision qui a précédé l’ouverture d’une session extraordinaire du Parlement, qui doit débattre de nombreuses questions ayant trait à la vie politique, afin de sortir le pays d’une crise de plusieurs mois. Parmi ses premières décisions, l'abrogation des lois anti-contestation récemment votées.

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On disait l’Ukraine à la croisée de chemin avec une journée promise à de nombreux rebondissements. Ce mardi 28 janvier, pour l'instant, ne déçoit pas : aux premières heures de la matinée, un communiqué publié (voir en lien) sur le site du gouvernement a annoncé la démission du Premier ministre ukrainien Mykola Azarov.

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« J'ai pris la décision de demander au président [Ianoukovitch] d'accepter ma démission du poste de Premier ministre, pour créer les conditions supplémentaires d'un compromis politique et d'un règlement pacifique du conflit », a ainsi écrit ce dernier.

Le désormais ex-chef du gouvernement explique sa décision par la nécessité de « préserver l’unité et l’intégrité » de son pays. « C’est bien plus important que toute ambition personnelle. »

Cette démission est « un pas vers la victoire », a commenté Vitali Klitschko, ancien boxeur et l’un des leaders de la contestation. « Nous disons depuis plusieurs mois que ce qui se passe dans les rues est aussi la conséquence de la politique de l'actuel gouvernement. »

Session extraordinaire interrompue

Vitali Klitschiko.
Vitali Klitschiko. REUTERS/David Mdzinarishvili

La nouvelle est tombée alors que le Parlement devait se réunir en session extraordinaire pour trouver une issue à cette crise qui touche le pays depuis plusieurs mois. Une session que l'on estimait cruciale, et qui intervient au lendemain d'une concession majeure accordée par le pouvoir à l'opposition, lui promettant l'abrogation des lois anti-contestation et anti-manifestation.

La séance au Parlement a débuté puis a été interrompue quelques instants pour parvenir à un accord sur l'ordre du jour de cette session extraordinaire.

Lois anti-contestation abrogées

Peu de temps après, la première décision importante tombe : l’abrogation des lois anti-contestation, tant décriées par l’opposition qui les jugeait liberticides. Leur publication, le 16 janvier dernier, avait été à l’origine d’une radicalisation du mouvement, accompagnée d’une flambée de violences, comme l’Ukraine n’en avait jamais connue auparavant.

Le Parlement ukrainien en session extraordinaire, ce mardi 28 janvier 2014.
Le Parlement ukrainien en session extraordinaire, ce mardi 28 janvier 2014. REUTERS/Gleb Garanich

Parmi les autres points qui doivent être évoqués, celui des futures élections : un député indépendant devait introduire à l’ordre du jour des débats la convocation d’élections législatives anticipées, ce que laisse entrevoir la démission du Premier ministre ce matin. Ce nouveau scrutin est une demande de la rue, qui réclame toutefois plus, puisqu’elle veut une élection présidentielle dès cette année.

Autre point qui doit être en principe discuté : une réforme constitutionnelle avec le retour à la loi fondamentale de 2004 qui accordait moins de pouvoir au président et plus au Parlement et donc au gouvernement. Un gouvernement envers lequel l’opposition va tenter aussi d’introduire une motion de défiance.


 ■ ANALYSE : D’où peut venir le déblocage, du Parlement ukrainien ou de Bruxelles ?

Entretien avec Anne de Tinguy, chercheur au Centre d’Etudes et de recherches internationales (CERI)- Sciences Po, professeur à l’Inalco, l’Institut des langues orientales.

Anne de Tinguy

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