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FRANCE

France : double démission surprise au gouvernement

Christian Blanc (g), ministre en charge du Grand Paris, et Alain Joyandet (d), secrétaire d'Etat à la Coopération, le 24 mars 2010 à Paris.
Christian Blanc (g), ministre en charge du Grand Paris, et Alain Joyandet (d), secrétaire d'Etat à la Coopération, le 24 mars 2010 à Paris. Reuters / Staff / File
Texte par : RFI Suivre
13 mn

Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat à la Coopération et Christian Blanc, chargé du Grand Paris, ont annoncé ce dimanche 4 juillet au soir leur départ alors qu'une série d'affaires mêlant conflit d'intérêts, passe-droits et train de vie dispendieux mine le gouvernement.

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Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement préfère s'enfoncer irrémédiablement et précipiter notre République dans une vraie crise de régime.

Nicolas Dupont-Aignan

C'est sur son blog qu'Alain Joyandet a souhaité annoncer sa démission, suivie très rapidement par celle de Christian Blanc. Une double démission surprise en cette fin de week-end même si, comme un certain nombre de ministres mis en cause dans différentes affaires, les deux secrétaires d'Etat étaient dans le collimateur du président Sarkozy.

Christian Blanc avait défrayé la chronique pour ses 12 000 euros de cigares facturés au

Ce que nous pouvons déjà remarquer, c’est que l’on démissionne deux ministres qui ne sont pas des ministres régaliens…

Frédéric Micheau

frais du ministère. Alain Joyandet avait, lui, été épinglé pour avoir loué un jet privé pour une simple réunion en Martinique. Le Canard enchaîné l'avait ensuite accusé d'avoir bénéficié d'un permis de construire illégal pour sa villa dans le sud de la France.

Face au tollé, le ministre Joyandet avait déjà renoncé à ses travaux d'agrandissement. Il quitte maintenant le gouvernement. « L'homme d'honneur que je suis », écrit-il sur son blog, « ne peut accepter d'être la victime d'un amalgame ».

Sur France24.com

Nicolas Sarkozy avait annoncé un remaniement en octobre prochain. Il avait averti qu'il serait « sévère » envers les ministres qui se sont mal comportés. Visiblement, le président a été contraint d'agir plus vite que prévu, et alors même qu'une autre affaire impliquant cette fois son ministre du Travail, l'affaire Woerth-Bettencourt, enfle jour après jour.

Le soldat Woerth est, pour l'heure en tout cas, sauvé. Alain Joyandet et Christian Blanc sont les deux premiers ministres fautifs à être débarqués.

 

Joyandet et l'Afrique

«  J'ai fait 71 déplacements à l'étranger. Deux à trois jours à chaque fois. Je n'ai même pas vu un éléphant ou une girafe en liberté  ». Voilà ce qu'Alain Joyandet confiait à quelques journalistes, il y a une dizaine de jours à Paris, en pleine polémique. Il se sentait visiblement déjà sur le départ. En guise de bilan de ses deux années comme secrétaire d'État à la coopération, il se félicitait surtout d'avoir augmenté l'aide française au développement.
L'Afrique, Alain Joyandet l'a découverte en entrant au gouvernement en 2008. Ce fidèle de Nicolas Sarkozy succède alors à Jean Marie Bockel, qui a vivement critiqué la Françafrique, et provoqué la colère de certains chefs d'État africain, notamment Omar Bongo. Alain Joyandet, lui, a pour consigne de ne pas faire de vagues.
Dans les bagages du secrétaire général à l'Elysée Claude Guéant, il se rend d'ailleurs très vite à Libreville, pour y rencontrer Omar Bongo. C'est le début d'une longue série de voyages sur le continent. Alain Joyandet intervient notamment à Madagascar, où il soutient Andry Rajoelina. Il se rend aussi en 2009 à Conakry pour essayer de faire entendre raison au capitaine Dadis Camara. C'est souvent lui qu'on envoie représenter la France aux investitures. C'est lui d'ailleurs qui était à Kinshasa le 30 juin 2010 pour le cinquantenaire de l'indépendance congolaise, son ultime déplacement.

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