France / Retraites

En France, la mobilisation contre la réforme des retraites continue

Des lycéens manifestent contre la réforme des retraites à Nantes, le 21 octobre 2010.
Des lycéens manifestent contre la réforme des retraites à Nantes, le 21 octobre 2010. REUTERS/Stephane Mahe

En France, le gouvernement veut en finir au plus vite avec le projet de loi sur la réforme des retraites, et espère que le texte sera voté ce 22 octobre au Sénat. Après quasiment trois semaines de débat, le gouvernement a décidé d'avoir recours à la procédure du « vote bloqué », pour accélérer la cadence. Un choix dénoncé par l'opposition, qui parle d'un coup de force. La réforme pourrait ensuite être adoptée définitivement en milieu de semaine prochaine. Les syndicats, eux, ont décidé de poursuivre la mobilisation et ont annoncé deux nouvelles journées d'action : jeudi 28 octobre et le samedi 6 novembre.Les syndicats espèrent toujours faire plier le gouvernement et tablent sur un élan de mobilisation encore plus grand que les précédents.

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A quelques jours du vote définitif, l'intersyndicale compte sur la popularité du mouvement social pour réclamer l'ouverture de négociations. L'approche des vacances scolaires ne constitue pas un obstacle. Pour Bernadette Croison, secrétaire générale de la FSU, l'arrivée des jeunes dans le mouvement et l'unité toujours intacte de l'intersyndicale sont des atouts.

Annick Coupé, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires

« On voit bien aujourd’hui que l’opinion publique, à plus 79% selon les derniers sondages, ne comprend pas le refus du gouvernement de négocier avec les organisations syndicales qui posent de vraies questions. Cette intersyndicale est très forte parce qu’elle a permis par son unité qui a toujours existé jusqu’à présent ce rassemblement de tous les salariés du public et du privé et des jeunes aussi ».

La contestation ne devrait pas s'arrêter après le vote du Sénat. La dernière limite sera la date de la promulgation, il sera alors compliqué pour les syndicats de continuer leurs mobilisations.

Christian Roux, pompiste et représentant des propriétaires exploitants de station

« Quand la loi est promulguée, que fait-on ? Demande Alain Olive le président de l'UNSA. Nous nous pensons qu’on ne pourra pas agir de la même façon. Si la situation se poursuit sous cette forme, les manifestations privilégiées par rapport aux grèves, un moment donné il faudra réfléchir autrement. Parce que sinon ca veut dire que l’on manifeste jusqu’en 2012 et tous les mois ».

L'intersyndicale se réunira de nouveau le 4 novembre prochain, pour décider de la suite à donner au mouvement.

La détermination des organisations syndicales ne faiblit pas.

Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste

L’Hexagone toujours en proie à une pénurie de carburant

En France, dans les stations service, le niveau d'approvisionnement en carburant est encore bas. Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie et de l'Energie a déclaré jeudi 21 octobre 2010 devant les sénateurs que 2 790 stations sur un total de 12 300 étaient encore à l'arrêt. Mercredi, 3 200 étaient hors service. Un lent retour à la normale malgré l’action du gouvernement pour rétablir la situation.

Le déblocage des dépôts c'est un début, mais ça ne suffit pas. Car à plusieurs reprises les dépôts « libérés » par les forces de l'ordre ont été à nouveau bouclés par les opposants à la réforme des retraites. D'où le ralentissement des opérations de réapprovisionnement.

Par ailleurs, les distributeurs de carburant se heurtent à des problèmes logistiques. La crainte de la pénurie a fait grimper en flèche la consommation, + 33% pour l'essence sur les dix premiers jours d'octobre par rapport à 2009, la demande est donc beaucoup plus forte qu'à l'ordinaire. Or les camions citernes ne sont pas assez nombreux pour répondre à cette demande supplémentaire.

Ensuite, les distributeurs tentent de contourner le blocus en recourant aux importations. Mais là aussi, la grève complique le schéma habituel. A Marseille par exemple, une place majeure pour l'alimentation du sud-est de la France, plus rien n'est déchargé. Et passer par la route pour importer exige des camions supplémentaires.

On retombe sur le problème du manque de véhicules. En raison de tous ces freins, il ne faut pas s'attendre à un retour à la normale avant le début de la semaine prochaine.

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