France

Woerth-Bettencourt : l'affaire des écoutes des journalistes rebondit

La une du «Canard enchaîné» du 11 novembre 2010.
La une du «Canard enchaîné» du 11 novembre 2010. DR

L'affaire Bettencourt, devenue affaire Woerth-Bettencourt est en train de déboucher sur une nouvelle affaire : celle des écoutes. L'hebdomadaire satyrique, le Canard enchaîné dénonce un cabinet noir à l'Elysée chargé de surveiller les journalistes, notamment ceux enquêtant sur l'affaire Bettencourt. Bernard Squarcini, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur, porte plainte pour diffamation contre le journal. Or une note officielle, dont l'existence vient d'être révélée, prouverait que les services de l'Etat ont agi en toute illégalité.

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Après le site internet Médiapart, Bernard Squarcini s'attaque donc au Canard enchaîné. Et l'hebdomadaire satyrique, loin d'être inquiet, fait le même constat qu'Edwy Plenel le patron de Médiapart : cette plainte en diffamation avec citation directe, va être l'occasion d'un beau procès.

« Avec des témoins de grande qualité », ironise même l'hebdomadaire, « à commencer par le chef de l'Etat et le Premier ministre ». Car dans un récent courrier, le directeur de cabinet de François Fillon a rappellé au ministère de l'Intérieur, les principes de droit encadrant les écoutes.

Cette note, classée « confidentiel-défense » stipule que la loi interdit aux services de renseignement de se procurer directement les factures téléphoniques détaillées, les fameuses fadettes, auprès des opérateurs.

Or, Bernard Squarcini le patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), mais aussi Frédéric Péchenard, le directeur général de la police nationale, ont reconnu que leurs services épeluchaient les fadettes. Pour se justifier ils invoquaient, visiblement à tort, l'article 20 de la loi du 10 juillet 91 qui au nom de la défense des intérêts de la Nation, permet aux policiers de s'affranchir du cadre légal.

Ainsi, avant même que l'affaire arrive devant les tribunaux, et grâce à cette note du cabinet Fillon, preuve est faite que les services de l'Etat ont violé la loi protégeant le secret des sources des journalistes.

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