France/AQMI

La France devra négocier avec ben Laden pour la libération des otages d'AQMI, affirme un de ses chefs

Dans un enregistrement audio diffusé jeudi soir par la chaîne de télévision du Qatar Al-Jazira, Abdelmalek Droukdel, dirigeant d'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a prévenu que la France allait devoir négocier avec Oussama ben Laden pour obtenir la libération des cinq otages français retenus au Mali. Ce vendredi, la France, par la voix de la nouvelle chef de la diplomatie française Michèle Alliot-Marie, a affirmé que sa politique ne serait pas dictée de l'« extérieur par qui que ce soit ».

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Bernard Valero, le porte-parole français des Affaires étrangères

AQMI exige en outre de la France qu'elle retire ses troupes d'Afghanistan pour libérer les otages qu'elle retient, a ajouté l'Algérien Abdelmalek Droukdel.

Le chef de l'AQMI s'exprimait dans un enregistrement audio diffusé jeudi soir par la chaîne de télévision du Qatar Al-Jazira, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.

« Toute forme de négociation sur ce sujet à l'avenir sera conduite avec personne d'autre que notre Sheikh Oussama Ben Laden (...) et selon ses conditions » , a déclaré le dirigeant de l'AQMI.

« (Si vous) voulez que vos citoyens qui sont prisonniers chez nous soient sains et saufs, alors vous devez vous dépêcher et retirer vos soldats d'Afghanistan selon un calendrier précis que vous rendrez public », a ajouté Abdelmalek Droukdel, selon la retranscription du SITE.

Oussama ben Laden avait averti fin octobre que la France ne connaîtrait pas la sécurité tant qu'elle ne retirerait pas ses troupes d'Afghanistan et ne « mettrait pas un terme à  ses injustices » à l'égard des musulmans.

Le message audio de ben Laden, également diffusé sur Al-Jazira, avait été interprété par les experts comme un « blanc-seing » donné à Aqmi, dont les responsables ont fait allégeance à al-Qaïda début 2007 et qui a revendiqué le 21 septembre l'enlèvement des Français.

Les cinq Français séquestrés ont été enlevés dans la nuit du 15 au 16 septembre sur le site d'une mine d'uranium du groupe français Areva à Arlit (nord du Niger), en même temps qu'un Malgache et un Togolais.

Contacts avec les ravisseurs

Selon des sources maliennes et françaises, les otages sont détenus dans des collines désertiques du Timétrine, dans le nord-est du Mali, à une centaine de kilomètres de l'Algérie. AQMI, dont les activités s'étendent du sud de l'Algérie au Mali, au Niger et à la Mauritanie, a multiplié les enlèvements d'Occidentaux ces dernières années.

Le nouveau ministre français de la Défense, Alain Juppé, a indiqué mercredi qu'il y avait « toutes les raisons de penser » que les otages français sont tous vivants et en bonne santé, assurant qu'il existait des  « contacts » avec les ravisseurs, sans autres précisions.

Selon le ministre, « l'expérience montre que dans ce type de situation, chaque mouvement, chaque déclaration compte. Il est donc de notre responsabilité à tous, élus et médias, de préserver la confidentialité de nos actions ».

La veille, le président français Nicolas Sarkozy s'était dit  « spécialement inquiet » pour ces otages. « Je suis spécialement inquiet pour nos otages au Mali qui ont été pris en otage par une bande appartenant à AQMI », a-t-il dit.

Mercredi, Daniel Benjamin, coordinateur pour l'antiterrorisme au Département d'Etat américain, a rappelé l'opposition de principe des Etats-Unis au paiement de rançons pour récupérer les otages d'AQMI.

S'exprimant sur les activités d'AQMI au Sahel, le diplomate a fait état de « rapports sur le paiement de rançons de plusieurs millions de dollars », jugeant cette pratique  « très inquiétante ». « Nous ne voulons pas nourrir les animaux sauvages parce qu'ils reviendront pour en avoir plus », a-t-il affirmé.

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