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Retraites : encore des manifestations, mais modestes

Le leader de la CGT Bernard Thibault lors de la manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 23 novembre 2010.
Le leader de la CGT Bernard Thibault lors de la manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 23 novembre 2010. Reuters / Benoît Tessier

Il y a encore eu des rassemblements et des manifestations contre la réforme des retraites ce mardi 23 novembre 2010 en France. Mais la mobilisation n'est plus ce qu'elle était depuis la promulgation de la loi. A Paris, le cortège a rassemblé 9 à 10 000 personnes selon la CGT, trois fois moins selon le ministère de l'Intérieur. Les syndicats ont néanmoins voulu signifier au gouvernement qu'ils ne passeraient pas cette réforme par pertes et profits. 

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Nous tenons le langage de la vérité vis-à-vis d'un gouvernement autiste par rapport à la parole syndicale.

Manifestation contre la réforme des retraites à Paris

Cette nouvelle journée d'action interprofessionnelle avait un caractère « multiforme » avec des initiatives décidées localement. A Paris, le numéro un de la CGT Bernard Thibault, pour qui Nicolas Sarkozy « se fout » de l'opinion des syndicalistes, est venu redire que l'heure n'était pas au renoncement.

« Nous gardons comme objectif d'empêcher la mise en oeuvre concrète » de la
loi sur les retraites à compter du 1er juillet 2011, a-t-il déclaré, faisant « le pari qu'on aura l'occasion, dans les semaines et les mois à venir, d'entendre de nouveau parler des retraites ».

Remettre au centre du débat les questions d'emploi et de salaires

A l'inverse, Raymond Soubie, qui vient de quitter son poste de conseiller social du président Nicolas Sarkozy, a qualifié cette initiative de « combat d'arrière-garde ».

Les syndicats voulaient aussi remettre au centre du débat les questions d'emploi, de salaires et des conditions de travail. FO, la CFTC et CFE-CGC se sont tenus à l'écart, jugeant que les manifestations sur les retraites n'étaient plus de saison. L'intersyndicale va continuer à se réunir - prochaine rencontre lundi - pour actualiser la plate-forme revendicative commune de janvier 2009.

A Paris, plusieurs personnalités de gauche s'étaient jointes au cortège, telles que Benoît Hamon (PS), Pierre Laurent et Marie-George Buffet (PCF), Jean-Luc Mélenchon (PG).
En province, les rassemblements ont souvent ciblé les préfectures, les sièges locaux du Medef et les permanences UMP, avec des affluences variables : entre 3 200 et 7 000 à Lyon, de 2 à 2 300 à Caen, de 1 500 à 6 000 à Bordeaux, entre 2 500 et 10 000 à Toulouse.

Peu d'arrêts de travail ont été signalés. Dans les transports urbains, malgré le dépôt de préavis de grève dans 19 villes, aucune perturbation majeure n'a été signalée.

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