France / Politique

Fillon met la majorité en ordre de bataille

Eric Besson, ministre de l'Industrie (G), François Fillon, le Premier ministre (C) et  Xavier Bertrand, ministre du travail sur le perron du Palais de l'Elysée, le 24 novembre 2010.
Eric Besson, ministre de l'Industrie (G), François Fillon, le Premier ministre (C) et Xavier Bertrand, ministre du travail sur le perron du Palais de l'Elysée, le 24 novembre 2010. REUTERS/Philippe Wojazer

François Fillon a prononcé mercredi 24 novembre son discours de politique générale. Un test pour le Premier ministre qui entre dans une nouvelle étape de son parcours à Matignon, après avoir été reconduit par Nicolas Sarkozy. Il a tout fait pour incarner la continuité et le combat. Et pour s’imposer comme chef de la majorité.

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Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste

Il assume tout et il ne renie rien, surtout pas la volonté de réformer la France. En justifiant son bilan des trois premières années du quinquennat, François Fillon a plaidé encore pour cette continuité qu'il veut incarner à la tête du gouvernement où Nicolas Sarkozy vient de le reconduire. Il l'a dit sans détour : « Je crois à la nécessité de la continuité. Je crois à la durée. Je crois à la sérénité républicaine ».

Et en ces temps de crise où les caisses sont vides, François Fillon a aussi vanté la « vertu budgétaire » et plaidé pour la réduction des déficits. C'est son cheval de bataille et il continue donc à faire de la rigueur la pierre angulaire de sa politique.

Mais qui dit rigueur ne dit pas immobilisme. Le Premier ministre l’a affirmé aussi : « Nous avons fait le choix du mouvement. » Il a même poursuivi : « Je refuse toute idée d’usure ou de pause ». Les réformes continueront donc contre vents et marées parce qu’à entendre le Premier ministre, elles sont nécessaires pour que la France soit compétitive et reste « un point ardent dans la géographie du monde ».

Chef de la majorité ?

François Fillon a essayé de remplir le rôle de chef de la majorité avec conviction et pugnacité. Il a un peu forcé sa nature austère pour prendre des accents de leader. Son ton était ferme. Il a scandé les valeurs de la droite et attaqué plusieurs fois la gauche. François Fillon a voulu paraître sûr de ses convictions et de sa méthode. Son discours s'adressait incontestablement à ses troupes dont il a reçu une ovation certes soutenue, debout, mais tout de même un peu préparée.

Réactions au discours de François Fillon à l'Assemblée

Le Premier ministre s'est placé en position de combat, derrière Nicolas Sarkozy, pour la campagne de la présidentielle de 2012. Mais dans ce rôle de chef de guerre, il va trouver sur sa route son rival : Jean-François Copé, nouveau dirigeant de l'UMP, qui était présent dans l'hémicycle. Mais parfois un peu distrait, les yeux plongés dans la lecture d’un document et qui est vite parti, appelé par d’autres occupations, à l’issue du vote de la confiance.

François Fillon s’est imposé à Matignon, semble avoir obtenu plus de marge de manœuvre de la part de Nicolas Sarkozy. Mais face à lui, et même si tous les deux affirment leur fidélité et leur soutien au président de la République, l’autre homme fort de la majorité c’est donc Jean-François Copé.

La concurrence avec Copé

François Fillon, Premier ministre

A peine nommé secrétaire général de l’UMP en remplacement de Xavier Bertrand, Jean-François Copé a imprimé sa marque sur le parti. Exit les porte-parole, c’est lui qui va s’exprimer directement désormais. Oubliée l’appellation « Mouvement populaire » employée par son prédécesseur et retour au bon vieux sigle « UMP ». Jean-François Copé voulait la tête du parti, il l’a obtenue mais il entend aussi garder la main sur le groupe UMP à l’Assemblée nationale qu’il présidait jusque-là et a donc fait élire un fidèle, Christian Jacob, pour lui succéder.

Jean-François Copé place donc ses pions et peaufine ses réseaux tout en appelant à « l’union sacrée » derrière le président de la République. L’heure n’est pas encore au duel pour la succession de Nicolas Sarkozy mais Jean-François Copé ne fait pas mystère de ses ambitions. Il pense très fort à la présidentielle de 2017. A laquelle François Fillon, désormais conforté, songe peut-être lui aussi.

 

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