France/Indonésie

11 ans dans les prisons indonésiennes pour le Français Michaël Blanc

Hélène Le Touzey chez elle à Jakarta, tenant entre ses mains un article de magazine consacré à Michaël Blanc, à l'occasion des dix ans de son arrestation.
Hélène Le Touzey chez elle à Jakarta, tenant entre ses mains un article de magazine consacré à Michaël Blanc, à l'occasion des dix ans de son arrestation. Nicolas SANDERS/RFI

Cela fait exactement 11 ans que le Français Michaël Blanc a été arrêté à l’aéroport de Bali, en Indonésie, le 25 décembre 1999, en possession de 3,8 kilos de haschich. D’abord condamné à mort, puis à perpétuité, sa peine a été ramenée à 20 ans l’année dernière, lui laissant entrevoir une possible libération vers 2016. Un espoir également nourri par la présence de sa mère, Hélène Le Touzey, qui a tout laissé derrière elle en France pour se rapprocher de son fils en s’installant en Indonésie.

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Le transfert de Michaël Blanc en janvier 2010 à la prison de Cipinang, proche de Jakarta, a marqué une claire amélioration de ses conditions de détention qui ont été plutôt déplorables jusque là. La vie de sa mère, Hélène Le Touzey, en est du même coup devenue moins chaotique.

Avant, il lui fallait se plier à un pénible trajet en train de 24h aller-retour à travers l’île de Java pour rejoindre la petite ville de Madiun où son fils était alors incarcéré. Un parcours du combattant qu’elle répétait inlassablement chaque semaine. Désormais, elle prend un taxi pour se rendre au parloir. De quoi rendre superflus les gigantesques embouteillages que connaît la capitale indonésienne au quotidien.

A Cipinang, Michaël profite d’un semblant de liberté de mouvement. Ici, il peut rester plus longtemps qu’avant hors de sa cellule, de 8h à 18h30. Avec la bienveillance du directeur de la prison, Hélène Le Touzey a pu fournir à son fils un ordinateur, « cadeau » d’un ancien détenu.

« L’enfermement qui le coupe du monde est terrible »

Le témoignage d'Hélène Le Touzey

Et voici Michaël promu prof d’informatique au sein de la prison, donnant des cours de graphisme à ses codétenus ! Il leur enseigne aussi l’anglais et prend même en charge la réalisation de banderoles et d’affichettes pour certaines fêtes, à la demande de l’administration pénitentiaire. Et quand la salle informatique est fermée, c'est-à-dire chaque weekend, Michaël peut en profiter pour faire du sport.

Ses activités bénévoles lui confèrent le statut de « pemuka », un terme qui en indonésien signifie littéralement « le leader ». Parce qu'il vient en aide aux autres détenus, dans le cas présent en leurs dispensant un savoir, il pourra bénéficier de réductions de peine supplémentaires. Un aménagement particulier mais très récent puisqu’il date de son arrivée à Cipinang en janvier 2010. « Maintenant, Michaël va mieux physiquement et moralement car il est occupé et n’a plus le stress de sa peine à vie », confie Hélène Le Touzey. Mais elle note aussi combien « l’enfermement qui le coupe du monde est terrible ».

Témoignages de sympathie

Hélène Le Touzey, mère de Michaël Blanc, ici sur le perron de sa petite maison dans le sud de Jakarta, en 2009.
Hélène Le Touzey, mère de Michaël Blanc, ici sur le perron de sa petite maison dans le sud de Jakarta, en 2009. RFI/Nicolas Sanders / RFI

Grâce présidentielle, libération conditionnelle ou anticipée : Hélène Le Touzey continue d’explorer toutes les pistes qui pourraient encore améliorer le statut de Michaël. Pour l’heure, l’espoir le plus solide tient dans un droit à l’assimilation, reconnu à certains prisonniers. Ils travaillent à l’extérieur et dorment en prison.

Michaël est bien sûr le premier à reconnaître qu’il n’aurait jamais tenu toutes ces années sans la présence de sa mère. Les témoignages de sympathie qu’il continue de recevoir, parfois accompagnés de colis, lui mettent également du baume au cœur et l’incitent à rester fort.

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