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France / Internet

Un site « anti-flics » indigne la police

Policiers lors d'une patrouille
Policiers lors d'une patrouille (Photo : O.Chermann/RFI)
Texte par : Laurence Théault | Patricia Blettery
5 mn

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux porte plainte contre le site « anti-flics » Paris.indymedia.org qui, depuis quelques jours, propose d’«identifier, photographier et filmer chaque flic en civil pour que l'insécurité gagne leur camp». Un climat de chasse aux sorcières que réprouvent les syndicats de police.

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« Gardez un œil sur la police », c’est le principe de départ de ce site qui fait polémique en France. Les auteurs se présentent comme appartenant à un collectif de médias indépendants, une sorte d’agence de presse. Inspirés du « « copwatch », un concept né aux Etats-Unis dans les années 80, les initiateurs du site entendent riposter contre les brutalités policières notamment lors des dernières manifestations, en surveillant les comportements des policiers, en les photographiant ou en les filmant.

Une question politique se pose : la régulation d’Internet

Dominique Wolton

« Soyez vos propres médias » dit la charte du site, mais aussi « Dans la mesure du possible, méfiez vous de l’ordinateur que vous utilisez, sur votre lieu de travail par exemple...» Paris.indymedia.org s’engage en effet, dans la mesure du possible, à garantir l’anonymat des contributeurs. Les photos ont été pour le moment retirées du site mais on pouvait y voir des policiers en civil, certains avec mention de leur identité, assortie de commentaires. Exemple : un policier avec son nom, son service et une légende assurant que son tee-shirt « est une marque fétiche du néonazisme international ». Certains billets comparent la police à une milice. Un vocabulaire haineux, voire diffamatoire, et une mise en cause des individus dans l’exercice de leurs fonctions qui inquiètent. Dominique Wolton, interrogé par Laurence Théault pour RFI n’hésite pas à faire le rapprochement avec Wikileaks et un certain Julian Assange.

Le syndicat Alliance a tiré en premier la sonnette d’alarme : « La liberté d'expression

A partir du moment où on accepte que tout le monde est justicier, chacun devient le corbeau de l'autre...

Dominique Wolton

sans limite d'internet favorise de plus en plus le fleurissement de sites haineux à l'encontre des forces de sécurité », suivi d’un autre syndicat Synergie-Officiers. Pour les policiers, il existe bel et bien un flou juridique. Un avis partagé par Dominique Wolton qui note le rôle amplificateur d’Internet. Dans le cas de ce site anti-policiers, les fonctionnaires de police peuvent en effet porter plainte pour diffamation et atteinte au droit à l'image. Car s’il n’est pas condamnable à priori de diffuser sur le net un cliché d'un policier, le faire dans l'unique but de l'identifier et de le dénigrer est illicite. Pour le moment en tous les cas, le site a opéré un «petit» nettoyage et a alerté ses contributeurs sur le respect de « quelques règles afin de limiter les risques de poursuites ».

Pour aller plus loin :

-Le site Paris.indymedia.org
-Le site du syndicat Alliance
-Le site de Dominique Wolton

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