France / Tunisie

Vacances en Tunisie : l’opposition réclame la démission de la ministre française des Affaires étrangères

Michèle Alliot-Marie, ministre française des Affaires étrangères
Michèle Alliot-Marie, ministre française des Affaires étrangères (Photo : AFP)

Les révélations du Canard Enchainé sur les vacances de Michèle Alliot-Marie en Tunisie au mois de décembre 2010 et son transport dans le jet privé d'un homme d'affaire tunisien, ont relancé les attaques contre la ministre des Affaires étrangères. Elle avait déjà, en effet, été critiquée lorsqu'elle avait proposé les services de la France pour aider le pouvoir à maintenir l'ordre pendant les émeutes. Certains députés de l'opposition demandent même sa démission.

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Je ne le referai pas parce que vraiment, j'ai pas pensé à mal.

Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères sur ses vacances en Tunisie

Quand il faut monter au front, Nadine Morano répond toujours présente. La ministre de la Formation professionnelle a donc défendu Michèle Alliot-Marie, mise en cause par l'opposition pour ses vacances en Tunisie. « Elle est partie en avion de ligne, elle a payé ses vacances. Arrivée sur place, un ami lui a proposé de faire un transfert, à l’intérieur du territoire, avec son avion. Voilà, c’est un acte privé. Mais vous attendez quoi ? Que je critique Michèle Alliot-Marie ? Vous êtes mal tombé ».

Circulez, il n'y a rien à voir, c'était un peu la ligne parmi les députés de la majorité qui ont tous tenté de minimiser l'affaire. « Lorsqu’elle est en vacances, elle n’est pas ministre, affirme Christian Vanneste. Comme vous et moi. Moi quand je suis en vacances, je ne suis pas député. Je n’ai pas mon écharpe bleu, blanc, rouge quand je me baigne ».

Pas question d'entendre ces arguments pour le socialiste Jean-Marc Ayrault qui a lancé l'offensive contre la ministre des Affaires étrangères. « Elle n’est pas, comme elle l’a dit, comme des millions de Français qui vont passer huit jours à Djerba. Ca n’a rien à voir. Elle est ministre de la République. Donc c’est bien le signe de la connivence avec le régime Ben Ali. Et ce qui est grave, c’est que ce régime, le pouvoir sarkoziste, l’a soutenu jusqu’au bout ».

Pour Pierre Moscovici, Michèle Alliot-Marie doit donc quitter ses fonctions. « Elle est discréditée, grillée. C’est une ministre qui aujourd’hui ne fait pas honneur à la France et ne peut pas être crédible, ni dans le monde arabe, ni ailleurs ».

Malgré les attaques répétées, la démission de la ministre des Affaires étrangères ne semble pas à l'ordre du jour.

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