Journée de la femme / Arts plastiques

Miss.Tic, du pochoir dans la rue aux timbres à La Poste

En 1985, Miss.Tic est la première artiste à pratiquer le "street art" à Paris.
En 1985, Miss.Tic est la première artiste à pratiquer le "street art" à Paris. Miss.Tic/Phil/Poste

Pour fêter la Journée de la femme ce 8 mars2011, La Poste a édité un carnet de timbres signés par Miss.Tic. Les célèbres pochoirs réalisés dans la rue parisienne par l’artiste sont emblématiques d’une vision très féminine de la vie et des combats des femmes contemporaines. Peuplés des épigrammes poétiques comme « L’homme est le passé de la femme », cette édition « Femmes de l’être » est en vente dans tous les bureaux de poste et sur le site de La Poste à partir du 9 mars. Douze timbres autocollants ornés de portraits de femmes imprimés au pochoir. Entretien.

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RFI : Est-ce qu’il y a une revendication féministe dans votre travail ?

Miss.Tic : Non. Je ne me considère pas comme une féministe dans la mesure où je ne suis pas une militante. Par contre, je suis une femme indépendante, libre, qui s’exprime, mais je n’ai pas de position militante.

Ecouter l’entretien intégral de Pascal Paradou avec Miss.Tic à l’occasion de la sortie du carnet de timbres « Femmes d’ l’être » dans l’émission « Culture vive » sur RFI.

RFI : « Soyons heureuse en attendant le bonheur », C’est quand-même une phrase d’une militante ?

M.T. : Non, c’est une phrase de poète et d’optimiste.

RFI : C’est quand-même une femme qui revendique un bonheur personnel, physique et sexuel ?

M.T. : Oui, mais je n’ai pas à défendre le fait d’être libre. Je ne milite pas pour cela. C’est plus un état.

RFI : Comment les phrases viennent-elles ?

M.T. : Eh bien, je travaille. J’écris comme n’importe quel qui écrit, avec une page blanche. En fait, je me prends beaucoup la tête. Je ne suis pas vraiment dans la fulgurance et avant de sortir deux ou trois trucs à peu près bien, j’ai beaucoup de choses nulles et absolument lamentables. Peut-être, un jour, je ferai un truc sur : « Tout ce que vous avez évité ».

RFI : Que pensez-vous de la Journée de la femme ? Votre série de timbres sort à cette occasion.

M.T. : C’est la Journée de La femme. De laquelle ? De qui on parle ?

RFI : Cela sous-entend une forme de réticence ?

M.T. : Absolument, parce que moi, je ne connais pas La femme, je connais des femmes. Ce glissement sémantique est un peu suspect. C’est assez réducteur de contenir dans cette image la femme, avec une idée de la femme. C’est un peu renier et réduire qu’on est multiple, différente. C’est un peu oublier nos singularités.

RFI : Et La journée, c’est un peu court pour une année qui compte 365 jours ?

M.T. Et nos nuits ? Que fait-on de nos nuits (rire) ?

RFI : Est-ce que vous pensez qu’il y a des revendications à porter encore aujourd’hui pour les femmes au XXIe siècle ?

M.T. : Bien sûr il y a des choses à faire, mais je pense qu’il y a autant à faire pour les hommes, voir certains hommes. Si on cherche l’égalité on peut parler des paysans, des ouvriers. S’il y a des luttes à mener, je pense qu’elles ne sont pas exclusivement à mener pour les femmes. Ce qui est sûr, c’est ce qu’elles sont à mener avec les femmes et les hommes.

Découvrez le carnet de timbres-poste dessiné par Miss.Tic :

A l’occasion de la sortie du carnet de timbres Miss.Tic

- Exposition à la Galerie Fanny Guillon-Lafaille, 18 rue de Miromesnil 75008 Paris, du 8 mars au 19 avril.
 - Le site de La Poste

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