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France / Justice

Le nombre de détenus dans les prisons françaises est à un niveau jamais atteint

La  maison d'arrêt de Bois-d'Arcy, l'une des trois que compte le département des Yvelines.
La maison d'arrêt de Bois-d'Arcy, l'une des trois que compte le département des Yvelines. Patrick Landmann/Getty Images
Texte par : Christophe Carmarans
5 mn

La France compte 64 584 personnes incarcérées, un chiffre record révélé lundi 17 mai par l’Administration pénitentiaire. Surpeuplées, souvent vétustes et insalubres, les prisons françaises sont parmi les pires de l’Union européenne. L’Etat a prévu d’améliorer le parc pénitentiaire à l’horizon 2017.

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C’est un nouveau record : la France comptait, au 1er mai 2011, 64 584 personnes incarcérées selon l’Administration pénitentiaire, organe dont la direction dépend du ministère de la Justice. Il s'agit d'une augmentation de 4,8% par rapport à mai 2010 et d'un nouveau sommet par rapport au pic le plus haut atteint en juillet 2008 (64 250 détenus). Même s’il établit une nouvelle marque haute, ce chiffre record n’est peut-être pas le plus significatif de la situation des prisons en France.

Surpopulation

La prison de la Santé à Paris date de 1867 et elle est surpeuplée.
La prison de la Santé à Paris date de 1867 et elle est surpeuplée. Antoine Antoniol/Bloomberg via Getty Images

Bien qu’il ait baissé depuis 2008, passant de 126% à 115%, le taux de densité carcérale (64 584 détenus pour 56 150 places) crée des conditions de vie dénoncées de toutes parts et en particulier par l'Observatoire international des prisons. « A la maison d’arrêt de la Santé, à Paris, on est arrivé à trois, voire quatre détenus par cellule », déclarait un représentant syndical du personnel pénitentiaire à l’Agence France Presse, en avril dernier.

L’exigüité des cellules mais aussi leur vétusté font débat. A tel point que l’Etat s’est vu condamné le 10 mai par le tribunal administratif à verser des indemnisations à des détenus de la prison de Caen « pour conditions d’hygiène et de salubrité insuffisantes ». Les gardiens de prisons redoutent une explosion de violence cet été, période souvent propice à la révolte dans les maisons d’arrêt. Depuis le début de l’année 2011, plusieurs mouvements collectifs de protestation se sont déjà produits, émanant de prisonniers qui réclament de meilleures conditions de détention. Et le personnel se plaint d’agressions de plus en plus fréquentes.

On ne manque pas de prisons, on a trop détenus

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Le nombre de détenus emprisonnés dans l’attente d’un jugement pose également problème. Il s’élève à 16 882 prévenus, soit plus d’un quart des personnes incarcérées qui payent le prix de la lenteur de l’appareil judiciaire, autre source de tension. Quoiqu’en légère baisse en 2010 (109 contre 115 en 2009), la fréquence des suicides dans les prisons françaises souligne un peu plus le malaise. En avril, un détenu de 23 ans s’est donné la mort par pendaison en utilisant son kit antisuicide dans la maison d’arrêt du Havre ; un comble.

Réaménagement

Michel Mercier, garde des Sceaux, veut mettre en oeuvre la loi de novembre 2009.
Michel Mercier, garde des Sceaux, veut mettre en oeuvre la loi de novembre 2009. AFP / Martin Bureau

En vertu de la loi pénitentiaire votée en novembre 2009, l’Etat a prévu un vaste programme de réaménagement du parc pénitentiaire à l’horizon 2017. Le projet prévoit la construction de 25 nouveaux établissements, l’extension de 7 autres alors que 15 maisons d’arrêt seront rénovées et 36 autres fermées sur les 191 en service actuellement. Dès lors, les prisons françaises devraient compter 68 000 places, un effort qui n'a convaincu qu'une partie du personnel pénitentiaire et pas du tout les observateurs de l'OIP. Selon eux, c’est toute la politique d’incarcération qui est à revoir.

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