France / Energie

Nucléaire : Anne Lauvergeon va quitter la direction d'Areva

La patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, en visite au Niger  deux semaines après l'enlèvement de sept otages.
La patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, en visite au Niger deux semaines après l'enlèvement de sept otages. AFP / Issouf Sanogo
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Seule femme à diriger un groupe de l'importance d'Areva, Anne Lauvergeon ne sera pas reconduite à son poste de numéro un du nucléaire français. L'Etat a apporté officiellement son soutien à Luc Oursel, qui occupait le poste de directeur général délégué. Le Premier ministre a reçu Anne Lauvergeon ce jeudi 16 juin pour lui signifier la non reconduction de son mandat à la fin du mois.

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A l'approche de l'échéance de la fin du mandat d'Anne Lauvergeon, les pouvoirs publics se sont finalement décidés à trancher sur un dossier qui empoisonnait depuis plusieurs mois la filière nucléaire.

Tout s'est accéléré hier jeudi dans la journée, avec d'abord des rumeurs de presse annonçant le départ d'Anne Lauvergeon, puis toute une série de soutiens en interne et en externe pour tenter de sauver la patronne d'Areva.

Il y a eu un courrier interne adressé par dix-sept des dix-huit membres du comité exécutif d'Areva. Il y a eu également des prises de position politiques à droite comme à gauche mais rien n'y a fait : Anne Lauvergeon n'était pas vraiment en odeur de sainteté auprès de Nicolas Sarkozy.

Le président français en avait assez de celle qui était pourtant considéré comme l'incarnation de la filière nucléaire française à l'étranger notamment. Anne Lauvergeon avait aussi le soutien en interne de ses salariés. Après tout, c'est elle, en dix ans, qui a permis à Areva de devenir le premier producteur mondial d'uranium.

C'est Luc Oursel, un homme qui connaît très bien le nucléaire car il fait déjà partie de la direction d'Areva, qui va succéder à Anne Lauvergeon. Ingénieur, Luc Oursel a fait une grande partie de sa carrière dans l'industrie et connaît très bien le groupe qu'il va diriger. Ce qui constituera sans doute un atout pour relever les défis qui l'attendent. A commencer par l'après-Fukushima.

Areva produit de l'uranium mais construit aussi des centrales. Et depuis l'accident nucléaire subi par le Japon il y a trois mois, plusieurs pays, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie il y a quelques jours, ont décidé de renoncer au nucléaire civil. Areva a d'ailleurs déjà annoncé des résultats en baisse pour 2011 et 2012.

Deux autres dossiers attendent Luc Oursel : les retards de l'EPR, le réacteur nouvelle génération, en Finlande et en France, et les relations avec EDF et son patron Henri Proglio qui était devenu l'ennemi juré d'Anne Lauvergeon.

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