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Aéronautique

Salon du Bourget : avion du futur, duel Boeing-Airbus et record d’exposants

Le nouveau Boeing 747-8 (version rallongée) atterrit au Bourget, le 19 juin 2011.
Le nouveau Boeing 747-8 (version rallongée) atterrit au Bourget, le 19 juin 2011. REUTERS/Pascal Rossignol
Texte par : RFI Suivre
9 mn

Le 49e salon aéronautique du Bourget ouvre ses portes lundi 20 juin 2011 et accueillera jusqu'au dimanche 26 juin près de 2 100 exposants, du jamais vu. Tandis que les deux géants Airbus et Boeing s’apprêtent à livrer la traditionnelle bataille du nombre de commandes, l’avionneur européen annonce près de deux ans de retard sur son programme A-350. Côté rêve, c’est le projet futuriste Zehst qui pourrait être la vedette de cette édition 2011 réduisant la distance entre Paris et Tokyo à 2h30. Mise en service prévue : 2050.

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Priorité aux affaires. La grand-messe de l’aéronautique n’ouvrira ses portes au grand public que jeudi. Ce lundi 20 juin, seuls les professionnels auront accès aux allées de ce salon qui se tient dans la banlieue nord de Paris. Durant trois jours, les acteurs du secteur économique aérien vont parler contrats, commandes, perspectives et projets industriels.

Hormis les incertitudes sur les prix du carburant, la plupart des indicateurs sont au vert. Les spécialistes prévoient un doublement de la flotte mondiale d’ici vingt ans.

Les constructeurs s'attendent à une avalanche de commandes, notamment de la part des compagnies asiatiques, moteur de la reprise du marché aéronautique mondial.

Mais des pays comme la Chine ou la Russie entendent bien se faire une place dans le traditionnel ballet mené par les deux géants européen et américain. Qui, d’Airbus ou de Boeing, annoncera le plus gros chiffre ? Comme chaque année, le duel des carnets de commande sera au centre des intérêts médiatiques.

Deux ans de retard pour l’A-350

Coup dur pour Airbus. Peu avant l’ouverture du salon du Bourget, le groupe européen a annoncé que son futur long-courrier, l'A 350, allait subir des retards de l'ordre de deux ans.

Le lancement de l'Airbus A-380 avait déjà connu des retards importants, cette fois c'est l'A-350 destiné a concurrencer le nouveau Boeing 787 Dreamliner qui va se faire attendre.

En annonçant ce retard à la veille du salon du Bourget où il compte bien engranger un grand nombre de commandes, le constructeur européen a cherché à « positiver » la nouvelle.

Si deux des trois versions de l'A-350 vont être livrées en 2016 et 2017 avec deux ans de retard, c'est parce que les clients ont demandé des améliorations et que c'est le temps nécessaire pour les apporter. Ainsi la motorisation des appareils sera renforcée afin de leur donner un rayon d'action plus grand.

Par ailleurs le futur avion militaire de transports A-400 M, victime d'un problème de réacteurs, ne pourra pas effectuer plus d'un vol durant le salon, ce qui ne va pas redresser son image. Le projet a déjà subi quatre ans de retard et a nécessité une rallonge de 3 milliards et demi d'euros l'année dernière pour continuer.

Parmi les attractions du salon, le nouveau Boeing 747 dans sa version allongée. Il a atterri dimanche 19 juin au Bourget sous un ciel nuageux, trois mois après son vol inaugural. Cette nouvelle version du légendaire avion de ligne de la compagnie américaine a une capacité de 467 passagers, 51 de plus que dans sa précédente version mais moins que les 525 sièges de l'Airbus A380, son principal concurrent dans le secteur des gros porteurs. Le premier 747 a volé il y a 42 ans.

L'avionneur américain présentera aussi une version cargo du 747-8, qui doit arriver lundi. Le 787 Dreamliner, composé à 50% de matériaux composites, doit atterrir quant à lui mardi à 17H00.

Avec Zehst, Paris-Tokyo en 2h30mn

Une image de synthèse du projet Zehst d'EADS.
Une image de synthèse du projet Zehst d'EADS. AFP PHOTO/EADS

Un avion-fusée qui ne polluera pas

EADS a levé le voile, à la veille du salon du Bourget, sur un projet d'avion hypersonique qui permettra de relier Paris à Tokyo en 2 heures 30 et qui ne polluera presque pas l'atmosphère puisqu'il volera dans la stratosphère. Une maquette de quatre mètres de cet avion, dont la forme est proche du Concorde, sera présentée lors du salon.

Le groupe aéronautique européen a présenté le Zehst (Zero Emission High
Speed Transport) lors d'un séminaire de presse. « L'avion du futur je l'imagine
comme Zehst
 », explique Jean Botti, directeur général délégué « technologie et innovation » chez EADS.

Digne du meilleur roman de science-fiction, cet avion-fusée vole au-dessus de l'atmosphère. Comment ? L'avion décolle avec des moteurs classiques mais alimentés par des biocarburants à base d'algues. Une fois qu'il a pris un peu d'altitude, il met en marche ses moteurs-fusées.

Ces moteurs fonctionnent à l'hydrogène et à l'oxygène, ils sont donc « totalement propres et ne dégagent que de la vapeur d'eau ». L'avion monte ensuite jusqu'à 32 kilomètres d'altitude, son altitude de croisière. Un avion classique vole à 10 000 mètres d'altitude.

Une capacité de 50 à 100 personnes

Quel avantage ? « Vous ne polluez plus, vous êtes dans la stratosphère, la pollution est transparente pour nous », avance Jean Botti. Pour l'atterrissage, le pilote coupe les moteurs et amorce sa descente en planeur avant de se poser en remettant les moteurs classiques de l'appareil.

Pour EADS, « la solution (écologique) est à la limite de l'espace ». « Ce n'est pas un avion, pas une fusée, c'est un avion-fusée commercial », résume le Monsieur innovation d’EADS.

Le Zehst, d'une capacité de 50 à 100 personnes, n'est pour l'instant qu'une ébauche. Mais EADS a déjà un calendrier : un premier démonstrateur vers 2020, pour une mise en service vers 2050.

Ce projet, développé en collaboration avec le Japon et soutenu par la Direction générale de l'Aviation civile, pourrait avoir de bonnes chances d'aboutir, les technologies nécessaires étant déjà développées, souligne un porte-parole d'EADS. Les moteurs-fusées existent déjà : Astrium, filiale spatiale d'EADS, les a développées pour le tourisme spatial. Les carburants à base d'algue sont aussi déjà prêts, selon lui.

(avec AFP)

 

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