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France / Politique

Georges Tron dans la tourmente

Georges Tron est mis en difficulté jusque dans sa mairie de Draveil.
Georges Tron est mis en difficulté jusque dans sa mairie de Draveil.
5 mn

Georges Tron a été mis en examen pour « viols et agressions sexuelles en réunion et par personne ayant autorité », à l’issue d’une garde à vue de 48 heures dans les locaux de la police judiciaire de Versailles. Après avoir dû démissionner du secrétariat d’Etat à la Fonction publique et à la Réforme de l’Etat, il se trouve aujourd’hui en difficulté au sein même de sa mairie de Draveil puisque ce sont deux anciennes employées de la ville qui l’accusent. Laissé libre, Georges Tron a, en effet, interdiction d’entrer en contact avec les victimes et de rencontrer les témoins, qui travaillent à la mairie. Parcours d’un second couteau de la politique entré dans la lumière à cause d’une « affaire ».

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Peu connu du grand public, Georges Tron, proche de Dominique de Villepin, avait été présenté à son entrée au gouvernement en mars 2010 comme une prise de guerre d’un Nicolas Sarkozy désireux d’isoler l’ancien Premier ministre. L’appât d’un maroquin avait suffi à faire rentrer Georges Tron dans le rang et dans la solidarité gouvernementale.

Mais sa carrière ministérielle aura été de courte durée. Une première affaire révélée par Le Canard enchaîné juste après sa nomination au gouvernement - Georges Tron occupait depuis 1992 un logement social dans le XVe arrondissement de Paris - avait écorné son image mais était restée sans conséquence. Cela n’a pas été le cas lorsque le secrétaire d’Etat à la Fonction publique a été mis en cause par d’anciennes employées de la mairie de Draveil, qui l’accusaient de les avoir contraintes à des relations sexuelles sous couvert de massages des pieds, son « hobby ». En ces temps troublés par l’affaire Strauss-Kahn, il n’était pas question pour Nicolas Sarkozy de conserver au gouvernement un ministre impliqué dans une affaire « sexuelle ». Georges Tron a donc été débarqué le 29 mai dernier.

Surnommé le « masseur chinois »

Sa passion pour la « réflexologie » plantaire était connue à Draveil et dans le monde politique où certains le surnommaient « le masseur chinois ». L’a-t-elle mené, comme le soutiennent deux employées de la mairie de Draveil et une ancienne attachée parlementaire, à des dérives condamnables ? C’est ce que l’instruction devra déterminer. Pour le moment, Georges Tron nie en bloc toutes les accusations portées contre lui et l’une de ses adjointes, Brigitte Gruel, elle aussi mise en examen pour « viol en réunion ». Il avance la thèse d’un complot politique mené par le Front national, avec lequel il est en conflit dans sa ville.

Mais à Draveil, les opposants s’interrogent sur la capacité de Georges Tron, placé sous contrôle judiciaire, à continuer d’exercer sa fonction de maire. Michel Gruber, élu Europe-Ecologie-Les Verts, estime que s’il a « une notion d’éthique, de morale, il devrait prendre ses responsabilités ». Un autre opposant, président de l’association Draveil Villages, Philippe Brun, appelle lui clairement à la démission du maire et met en avant le risque que des pressions soient exercées plus ou moins directement sur les employés de la mairie qui ont témoigné. Une préoccupation que partage Fabienne Sorolla, une élue du Modem. Les méthodes du maire font, en effet, l’objet d’une polémique dans la ville. Et l’affaire de la mutation, en fin d’année dernière, d’une jeune commissaire de police en poste à Draveil, avec laquelle ses relations étaient difficiles, est venue apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs. Mais une démission de la mairie qu’il dirige depuis 1995, ne semble pas, selon les avocats de Georges Tron, faire partie de ses projets.

Bientôt de retour à l’Assemblée

A 53 ans, celui qui a commencé sa carrière politique au début des années 1980 auprès de Jacques Chirac, alors maire de Paris, pour rejoindre ensuite l’équipe d’Edouard Balladur dont il a été le directeur de campagne lors de la présidentielle de 1995, traverse donc une période difficile. Dans son camp, la consigne est de garder le silence sur cette affaire délicate en attendant que la justice fasse son travail. D’ici là, Georges Tron devrait retrouver son siège de député de l’Essonne, le 29 juin prochain, un mois après la date de son départ du gouvernement. Il sera alors protégé par son immunité parlementaire. Une immunité dont le juge pourrait tout de même demander, si nécessaire, la levée au bureau de l’Assemblée nationale.

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