France / Economie

Nicolas Sarkozy veut donner un coup de pouce à l'innovation grâce au Grand emprunt

Nicolas Sarkozy s'est déclaré satisfait de «l'émulation» suscitée par le grand emprunt de 35 milliards d'euros.
Nicolas Sarkozy s'est déclaré satisfait de «l'émulation» suscitée par le grand emprunt de 35 milliards d'euros. REUTERS/Philippe Wojazer
Texte par : RFI Suivre
4 mn

A dix mois de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a défendu son bilan économique lundi 27 juin 2011 lors d’une conférence de presse, la quatrième seulement depuis son investiture en 2007. Le président français a particulièrement mis l’accent sur l’innovation qui devrait avoir bénéficié d’une vingtaine de milliards d’euros à la fin de l’année, grâce au Grand emprunt lancé en décembre 2009.

Publicité

Enseignement, recherche, industrie et développement durable ; on connaissait déjà les priorités du Grand emprunt lancé fin 2009 par Nicolas Sarkozy. Pour la première fois, le président est entré dans le détail de certains investissements, déjà attribués. Du centre de recherche universitaire, à la PME spécialisée dans l'économie numérique ou le développement durable, ce sont « 1 500 projets » qui ont été déposés à ce jour, a-t-il souligné devant 180 journalistes français et étrangers.

Un effort inédit

Dix milliards d'euros sur les 35 milliards prévus par le Grand emprunt ont été mobilisés et dix milliards supplémentaires le seront d'ici la fin de l'année. « Jamais dans son histoire la France n'a fait un tel effort au service de l'investissement », a souligné M. Sarkozy. « La seule façon de ne profiter de la mondialisation et de ne pas subir, c'est l'innovation, la recherche, l'investissement » a-t-il insisté.

Dans l’esprit de Nicolas Sarkozy, ce Grand emprunt est aussi la meilleure réponse à la crise économique, même si l'autre priorité que se donne le président français reste la réduction des dépenses publiques. « Nous n'avons pas d'autre choix, a-t-il répété, que de revenir sous la barre des 3% de déficit d'ici à 2013 ». Pour les dix mois à venir, et jusqu' à la présidentielle, la feuille de route économique est donc tracée : d'un côté les investissements issus du Grand emprunt, et de l'autre l'austérité budgétaire.

A dix mois de l’élection présidentielle, cette rare conférence de presse revêtait également une tournure politique. Très probable candidat à sa propre succession, Nicolas Sarkozy s’est positionné comme le défenseur des intérêts des Français et a vanté un bilan économique « tourné vers l'avenir », une manière de faire passer le message que le meilleur investissement d'avenir pour la France, c'était lui.

Un président au travail

Il s’est présenté comme le président qui a su épargner aux Français le plus dur de la crise et qui préparait la croissance future ; sous-entendu : à l’inverse des socialistes, qu'il a accusé, sans les nommer, de « vouloir faire exploser la dette ». Il a également envoyé une pique à Marine Le Pen dont la volonté de faire « sortir la France de l'Euro » est selon lui « une pure folie ». De façon habile, le locataire de l’Elysée a pris de la hauteur en faisant comprendre que le président n'était pas officiellement en campagne, mais au travail.

« Dire qu’on ne pense pas à l’année prochaine, personne n’y croirait », a-t-il reconnu. « Mais, a-t-il ajouté, j’ai une spécificité : c’est que je suis président de la République, président du G8 et président du G20. J’ai des devoirs, je ne peux pas m’en exonérer ».  Ce message-là était spécialement adressé à l'opposition socialiste qui fait son entrée définitive en campagne avec la candidature annoncée de Martine Aubry mardi 28 juin. A défaut de la battre dans les sondages, Nicolas Sarkozy semble bien décidé à ne pas lui laisser tout l'espace médiatique.

Les temps forts de la conférence de presse
Reuters

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail