France

La Cour des comptes salue la réduction des coûts de fonctionnement de l’Elysée

Le train de vie de l'Elysée a été réduit, comme le préconisait la Cour des comptes.
Le train de vie de l'Elysée a été réduit, comme le préconisait la Cour des comptes. (Photo : AFP)

La Cour des comptes salue les efforts de l’Elysée dans son troisième rapport sur les coûts de fonctionnement de la présidence de la République. L’organisme indépendant a observé une gestion plus rigoureuse dans la gestion des dépenses mais estime que des améliorations restent à accomplir dans l’allègement des charges et la transparence des coûts.

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Le climat devrait être un peu plus détendu à la rentrée entre l’Elysée et la Cour des comptes après la publication lundi 25 juillet 2011 du rapport de la juridiction financière sur les dépenses des services de la présidence de la République. Tancée, le 7 juillet dernier, par le ministre de l’Intérieur - et proche de Nicolas Sarkozy - Claude Guéant, qui l’avait taxée de partialité quand elle avait rendu un rapport défavorable à la gestion par l’Etat des forces de sécurité, la Cour des comptes a salué lundi la réduction des coûts de fonctionnement de l’Elysée pour l’exercice 2010.

Gestion plus rigoureuse

L’organisme indépendant, dont le premier président - nommé par l’Elysée - est le socialiste Didier Migaud, a salué une gestion qualifiée de « plus rigoureuse » dans son troisième rapport annuel sur la gestion des dépenses du « Château ». On est loin de 2008 lorsque le premier rapport de ce type avait fait polémique, en particulier en raison des 1,5 million d’euros versés au cabinet Publifact, dirigé alors par Patrick Buisson, l’un des plus proches conseillers de Nicolas Sarkozy. Le coût des sondages est d’ailleurs passé de 3,2 millions à 1,4 million en l’espace de deux ans. Pas sûr, toutefois, que la tendance se confirme dans ce secteur en 2011, année préélectorale.

L'analyse concernant l'achat de l'avion présidentiel fait apparaître des informations inexactes

René Dosière

En deux ans, les dépenses de l’Elysées sont passées de 113,6 millions d’euros à 112,3 millions, soit une baisse de 1,3%. Cette diminution reste certes marginale mais elle est, selon les termes du rapport, « le fruit d’une gestion conduite selon les procédures les plus rigoureuses et de pratiques mieux maîtrisées que par le passé ». Un effort particulier a été consenti sur le plan des effectifs, qui sont passés de 1 031 agents en décembre 2008 à 904 en décembre 2010, le nombre de collaborateurs directs du président diminuant pratiquement de moitié pour passer de 82 à 46 personnes.

Les postes où les économies ont été les plus sensibles sont les frais postaux et de télécommunication (- 40%), les locations immobilières (- 21,8%) ainsi que les missions et réceptions (-11%). La suppression des chasses présidentielles et de la partie champêtre du 14 juillet au palais de l’Elysée ont également permis de faire des économies. Didier Migaud a cependant pointé du doigt certains domaines où des efforts devaient encore être consentis comme la gestion du parc des véhicules et l’arbre de Noël (d’un coût de 335 000 euros, soit 350 euros par enfant).

Un Airbus qui revient cher

Les « sages de la rue Cambon » – ainsi qu’on surnomme les magistrats de la Cour des comptes – ont également relevé un manque de transparence dans d'autres dépenses comme les déplacements en avion sur des courtes distances ou les voyages de presse. Le coût final de l’achat du nouvel Airbus présidentiel (259,5 millions d’euros) a également été remarqué car il dépasse de beaucoup le budget initial annoncé. Ce surcoût n’a pas échappé au député socialiste René Dosière, toujours très vigilant sur le sujet des dépenses de l’Etat. Selon lui, la Cour des comptes ne montre pas un « budget vérité ». Il estime même qu’un sixième des dépenses présidentielles continue à être supporté par différents ministères.

La Cour des comptes est une juridiction financière chargée de contrôler la régularité des comptes publics de l’Etat, des établissements publics nationaux, des entreprises publiques, de la Sécurité sociale, mais aussi des organismes privés bénéficiant d’une aide de l’Etat ou faisant appel à la générosité du public. Elle comprend sept chambres qui ont chacune des domaines de compétences. La Cour est présidée par un premier président. Le socialiste Didier Migaud est en poste depuis février 2010.

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