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France/Religion/Société

Ramadan en France: polémique autour du marché halal

Boucherie halal à Paris, 2010.
Boucherie halal à Paris, 2010. Loïc Venance/AFP
Texte par : Sylvie Koffi
4 mn

Après la diffusion d’un reportage sur Canal+ intitulé « le Halal et les dérives d'un nouveau business », des élus, membres de l'Association nationale des élus locaux de la diversité, se mobilisent car ils ont été indignés par ce reportage. Ils demandent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur cette filière. En France, le secteur pèse plus de 5 milliards d'euros soit deux fois plus que le marché du bio.

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Aujourd'hui entre les mains de grands groupes industriels de l’agroalimentaire et de la distribution, la filière halal est un marché très juteux. Ce secteur aiguise bien des appétits et n'est pas à l’abri des scandales. 

Il y a quelques mois, une enseigne ayant pignon sur rue a lancé, sur le marché, des saucisses soi-disant halal, qui contenaient du porc, un aliment interdit par l’islam. Tout aussi inquiétante, la présence de gélatine, toujours à base de porc, dans des bonbons dits halals…

Le doute, voire la colère s’installe alors dans l’esprit des consommateurs au sujet de la fiabilité des étiquettes halals. Kamel Hamza, conseiller municipal UMP à La Courneuve accuse : « Ce sont des millions de Français musulmans qui se font escroquer en toute impunité » alors qu’il est essentiel pour les consommateurs de confession musulmane d’avoir une garantie sur les produits estampillés halal. L’absence de cadre réglementaire apparaît de plus en plus comme un point faible.

Multiplication des labels

Pour être licite, à savoir halal, un produit alimentaire ne doit contenir ni porc, ni alcool ; et les animaux doivent être égorgés accompagnés d’une prière : c'est le rôle du sacrificateur musulman mandaté par les mosquées. Actuellement, la Grande Mosquée de Paris, la grande mosquée de Lyon et la mosquée d'Evry se partagent le marché de la certification des produits halals.

Mais le secteur souffre de la multiplication parallèle d’organismes privés dont certains délivrent des labels peu fiables. Avec l’explosion du marché, on en compte plus d'une cinquantaine. Pour Anouar Kbibech, secrétaire général du CFCM (Conseil français du culte musulman), il faut faire le ménage dans ces labels.

Autre difficulté : l'incapacité de la communauté musulmane à se mettre d'accord sur l'élaboration d'une charte commune. Depuis 2003, date de sa création, le Conseil français du culte musulman s'est  fixé comme objectif  de rédiger ce texte, sans succès pour l’instant. Mohammed Moussaoui, président du CFCM,  n’est pas inquiet : « Il y a une volonté d’aboutir », affirme-t-il, « même si le conseil d’administration, qui est l’organe décisionnel, n’a toujours rien validé ».

Une future norme halal unique 

Il y a un an déjà, la communauté musulmane s’était déjà mobilisée à la suite de la diffusion d'un précédent documentaire, toujours sur Canal+ et toujours sur le même sujet, dénoncer les dérives de cette filière halal.

Aujourd’hui, des élus locaux issus de la communauté musulmane, sont donc montés au créneau. Ils veulent convaincre les députés et les sénateurs de la nécessité de mettre en place une commission  d'enquête parlementaire sur cette question.

En attendant une éventuelle intervention des parlementaires, les industriels profitent du vide juridique tandis que les consommateurs, en l'absence de norme halal, sont toujours livrés à eux même.

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