France / Rwanda / Liberté de presse

Le président Kagame agacé par la liberté de la presse

Des membres de RSF protestent, le 13 septembre 2011, devant l'hôtel Ritz contre la venue à Paris du président rwandais Paul Kagame.
Des membres de RSF protestent, le 13 septembre 2011, devant l'hôtel Ritz contre la venue à Paris du président rwandais Paul Kagame. Reuters/Charles Platiau

Une trentaine de militants de l'ONG Reporters sans frontières ont protesté ce mardi 13 septembre contre la visite de Paul Kagame, dénoncé comme un « prédateur » de la liberté de la presse, devant l'hôtel parisien où le président rwandais devait recevoir une délégation de patrons français. Le Rwanda se situe au 169e rang sur 178 dans le dernier classement mondial de la liberté de presse. Le président Paul Kagame achève aujourd’hui sa visite officielle à Paris.

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Les militants se sont regroupés devant l'entrée de l'hôtel Ritz à Paris et ont déployé des pancartes et parapluies affirmant « Kagame prédateur » ou encore « France -

Rwanda, pas de liberté, pas de contrat ». Rapidement encerclés par une soixantaine de gendarmes, les militants, qui s'étaient symboliquement bayonnés avec un ruban rouge, ont été éloignés de la place et conduits quelques rues plus loin, pour un relevé d'identité.

« Paul Kagame est venu discuter de contrats et d'investissements. Il y a aujourd'hui des journalistes qui croupissent en prison au Rwanda, il n'est pas normal que la France déroule le tapis rouge à un tel prédateur des libertés de la presse », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de RSF. « Passer ces violations sous silence, c'est renier les valeurs de la France », a-t-il encore dit, rappelant que RSF avait déjà protesté lors des visites à Paris de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en 2007, du président syrien Bachar Al-Assad en 2008 et du Chinois Hu Jintao en novembre dernier.

« Le climat exécrable pour les médias »

Lundi, le président rwandais avait déjà été interpellé sur les droits de l'Homme par plusieurs ONG. Il s’est montré agacé et avait sèchement rabroué ses détracteurs, déniant à ces organisations le droit de s'ériger en professeurs des droits de l'Homme dans son pays.

Dans un rapport sur le Rwanda publié le 9 septembre, Reporters sans Frontières avait dénoncé « le climat exécrable pour les médias ». Et quand le président Kagame martèle : « Nous allons continuer à faire ce qu’il y a de mieux pour notre peuple », RSF réplique : « Bien que le gouvernement s’en défende, la presse indépendante rwandaise est soumise à de fortes pressions venues du sommet de l’Etat. Le président de la République, Paul Kagamé, figure depuis plusieurs années dans la liste des "prédateurs" de la liberté de la presse dénoncés par Reporters sans frontières. Jouant la carte du modernisme, il est l’un des chefs d’Etat africains les plus présents sur le Web (profil Facebook, propagande virale, multitude de sites de soutien), mais cette ouverture d’esprit n’est qu’apparente. »

Le rapport de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse au Rwanda

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