France

En France, la gauche remporte une victoire historique aux élections sénatoriales

Le président du groupe socialiste au Sénat, Jean-Pierre Bel, savoure la victoire de l'opposition le 25 septembre 2011.
Le président du groupe socialiste au Sénat, Jean-Pierre Bel, savoure la victoire de l'opposition le 25 septembre 2011. AFP PHOTO / JACQUES DEMARTHON

En France, la gauche a remporté dimanche 25 septembre une victoire historique en obtenant pour la première fois en plus de cinquante ans la majorité absolue au Sénat, la Chambre haute du Parlement, sept mois avant l'élection présidentielle. Selon les résultats connus peu après 17H00 TU, la gauche a remporté les 23 sièges supplémentaires qui lui manquaient au Sénat. Pour Nicolas Sarkozy, c'est un véritable échec.

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C'est une première dans l'histoire de la Vème République. Une première qui va, sans conteste, provoquer un bouleversement à sept mois de l'élection présidentielle. « Le changement est en marche » a déclaré Jean-Pierre Bel, le président du groupe socialiste au Sénat et candidat à la présidence de la Chambre haute, qui se jouera samedi prochain.

Gérard Larcher

Très vite, l'Elysée a pris acte des résultats tandis que François Fillon lançait un appel au ressaisissement de ses troupes pour la présidentielle de 2012. « Le moment de vérité aura lieu au printemps prochain. Maintenant la bataille commence » a poursuivi le Premier Ministre.

La gauche doit son succès à ses victoires aux dernières élections locales : municipales, régionales et cantonales. La droite, quant à elle, a pâti de ses fortes divisions et d'une forte grogne des élus locaux, qui ont mal accueilli la réforme territoriale et le regroupement des communes menées à marche forcée.

Le fonctionnement du Parlement devrait être quelque peu modifié. La gauche pouvant notamment faire retarder l'adoption des futurs textes de loi comme ceux portant sur le budget de l'Etat et de la Sécurité Sociale pour 2012, examinés dans quelques jours.

JEAN-PIERRE BEL, président du groupe socialiste du Sénat, dans une déclaration aux médias : « Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, le Sénat va connaître l'alternance ». « La gauche vient de gagner ce 25 septembre, elle vient de gagner les élections sénatoriales. C'est un véritable camouflet pour la droite ».

FRANÇOIS HOLLANDE, favori de la primaire du Parti socialiste : « Ce qui vient de se produire est d'une certaine façon historique parce que c'est la première fois qu'un président de la République de droite perd la majorité au Sénat ». «  Et, pour le prochain président de la République, s'il est de gauche, ce sera la première fois qu'il y aura la possibilité de travailler avec une majorité de gauche au Sénat. Ni François Mitterrand pendant ses deux septennats, ni Lionel Jospin quand il était Premier ministre n'avaient eu cette configuration ».

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE, dans une déclaration: « La présidence de la République prend acte des résultats du scrutin sénatorial qui est la conséquence de la progression de la gauche aux élections locales » depuis 2004.

FRANÇOIS FILLON, Premier ministre, dans un communiqué: « L'opposition enregistre une forte poussée, accentuée par les divisions de la majorité dans de nombreux départements. Cette progression de la gauche était prévisible au regard des dernières élections locales  ». « L'heure est au rassemblement de tous les élus qui se reconnaissent dans les valeurs de la majorité présidentielle ». « Devant les Français, nous devons unir nos forces, affirmer nos convictions. Le moment de vérité aura lieu au printemps prochain. Ce soir, la bataille commence, et le résultat des sénatoriales nous dit l'énergie absolue qu'il nous faudra déployer ».

VALÉRIE PÉCRESSE, porte-parole du gouvernement, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI: « Je le regrette et je suis triste pour Gérard Larcher et pour les sénateurs de la majorité présidentielle ». « C'est la logique arithmétique des élections locales qui a joué, qui a fait basculer le Sénat, mais ça n'est en rien un point de blocage politique pour le gouvernement puisque dans la logique institutionnelle de la Ve République, c'est l'assemblée qui a le dernier mot ».

EVA JOLY, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à l'élection  présidentielle, dans un communiqué: « Ce soir, la Ve République vit un tournant historique. Les grands électeurs de toute la France ont choisis de mettre fin à 'l'anomalie démocratique ». « Pour la première fois de l'histoire de nos institutions, la haute-chambre prend la couleur de l'aspiration de millions de citoyens français : la couleur du changement ».

PIERRE LAURENT, secrétaire national du PCF, dans un communiqué: « La citadelle de la droite est tombée ! ». « C'est une sanction sans appel de la politique gouvernementale. Ce scrutin porte la marque du rejet de ses choix et de la colère des élus des collectivités territoriales face aux attaques répétées du gouvernement contre la démocratie locale ».

                                                                                                                         (avec Reuters)

 

 

Composition du Sénat en 2011 et 2008
Latifa Mouaoued/RFI

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