France

Avoir vingt ans... et être pauvre !

Une banque alimentaire à Strasbourg, le 20 septembre 2011.
Une banque alimentaire à Strasbourg, le 20 septembre 2011. Reuters/Vincent Kessler
Texte par : Véronique Moreau
3 mn

Le rapport annuel du Secours catholique souligne cette année l'extrême précarité des jeunes. Etudiants, chômeurs, jeunes travailleurs, jeunes sans formation : ils sont en train de perdre pied et sont désormais nombreux à avoir des difficultés pour se loger ou se nourrir correctement.

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Les 18-25 ans sont de plus en plus vulnérables. Plus pauvres désormais que les personnes âgées, les jeunes viennent en nombre chercher de l'aide, notamment alimentaire, auprès des organisations caritatives. Ainsi, 30% des jeunes accueillis par le Secours catholique sont sans ressources, 40% au chômage et 36% en logement précaire. Ce qui signifie concrètement qu'ils sont hébergés par des amis, vivent à l'hôtel, dans des abris de fortune, parfois même dans des caravanes...

La pauvreté des jeunes est aussi celle de leurs familles, qui les gardent avec elles le plus longtemps possible mais n'arrivent plus à faire face. Un couple qui prend en charge un jeune sans revenus voit en effet son niveau de vie diminuer de 25%. Pour une mère seule, la diminution est de 33%... Du coup, les plus exposés sont ceux qui n'ont plus de liens familiaux : 17% des jeunes « en extrême précarité » aidés en 2010 par le Secours catholique étaient des hommes sans titres de séjour en provenance d'Europe de l'Est et d'Afrique subsaharienne.

Des jeunes qui ont le sentiment d'avoir été oubliés

Pour s'en sortir, ceux qui étudient multiplient les petits boulots et les stages payés 410 euros par mois, souvent sans perspectives d'embauche. Ceux qui ont la chance de travailler vivotent en enchaînant les contrats à durée déterminée, sans arriver à stabiliser leur situation professionnelle. Pour tous, la priorité, c'est de trouver un emploi et de le garder. Et c'est le grand paradoxe de cette génération : mieux formée et plus diplômée que les précédentes, elle n'arrive pas à entrer dans le monde du travail.

L'Etat est globalement peu présent aux côtés des jeunes, qui ont le sentiment d'avoir été oubliés et méconnaissent souvent leurs droits. C'est pourquoi le Secours catholique veut provoquer « une prise de conscience » à l'échelle de la société et préconise deux choses : la mise en place d'une allocation de soutien à l'autonomie, ainsi que l'extension du RSA (revenu solidarité active) dès l'âge de dix-huit ans.

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