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France

Le retour de la récession

STANDARD AND POOR
STANDARD AND POOR REUTERS/Brendan McDermid
3 mn

Le ralentissement de l’économie française se confirme avec une brève récession prévue au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012, une mauvaise nouvelle pour la France menacée de perdre sa notation triple A.

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Les prévisions de l’Insee, l’Institut national des statistiques, sont tombées comme un couperet. La France va connaître une récession au dernier trimestre 2011, qui devrait se poursuivre en 2012. L’institut estime ainsi que le Produit intérieur brut va reculer de 0,2% sur les trois derniers mois de l’année et se contracter de 0,1% au trimestre suivant. L’Insee prévoit en outre que l’activité économique ne redémarrera que très faiblement au deuxième trimestre. Elle sera en tout cas insuffisante pour obtenir de la croissance au premier semestre 2012 puisque selon l’Insee l’acquis de croissance au cours de cette période sera nul.

L’Institut explique cette révision de ses prévisions de croissance par l’inertie qui semble s’installer dans l’économie française. Pour la première fois depuis début 2010, l’investissement des entreprises non financières a baissé de 0,3% au troisième trimestre 2011 et devrait continuer à chuter jusqu’à au moins le milieu de l’année prochaine. Tout aussi préoccupant, les dépenses de consommation des ménages en produits manufacturés ont reculé ces six derniers mois. Conséquence, la situation sur le front de l’emploi devrait poursuivre sa dégradation. Le chômage, qui était de 9,3% au dernier trimestre, devrait ainsi atteindre 9,6% en juin prochain, estime l’Insee.

Un matelas de 6 milliards pour absorber le choc

Il sera difficile, dans ce contexte d’atteindre la prévision de 1% de croissance sur laquelle le gouvernement a basé son deuxième plan de rigueur. Une prévision déjà remise en cause par l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économique, qui a drastiquement revu fin novembre sa prévision de croissance du PIB français à un maigre 0,3%. Pourtant, le ministre de l’Economie et des Finances, François Baroin, a de nouveau écarté la perspective de nouvelles mesures d’austérité. « Si les prévisions de l'Insee se confirment, ça ne changera rien aux objectifs que nous avons fixés pour 2011, nous serons au rendez-vous de la réduction des déficits tels que nous l'avons dit », a-t-il déclaré. Le gouvernement affirme, en effet, disposer d’un « matelas de sécurité » de six milliards d’euros dans le budget 2012 qui doit lui permettre d’absorber le choc d’une croissance en berne sans ponction fiscale ou coupe dans les dépenses publiques. Tout cela à quelques mois de l’élection présidentielle.

Cette révision des prévisions de croissance de l’Insee intervient alors que la France est menacée de perdre son triple A. Car en mettant le 5 décembre dernier la notation française sous surveillance négative, l’agence Standard and Poor’s n’a plus ni moins remis en cause ouvertement les prévisions de croissance trop optimistes pour 2012 du gouvernement. Un gouvernement de plus en plus résigné à la perte de son précieux triple A et qui cherche désormais à en minimiser la portée. « Ce serait une difficulté de plus, mais pas insurmontable », a ainsi déclaré en début de semaine Nicolas Sarkozy.

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