Politique française

Présidentielle 2012: François Hollande appuie sur l’accélérateur

François Hollande à Tulle, en Corrèze, le 16 octobre 2011.
François Hollande à Tulle, en Corrèze, le 16 octobre 2011. AFP

Les fêtes de fin d’année à peine passées, la campagne pour l’élection présidentielle de 2012 franchit un palier. A un peu plus de 100 jours du premier tour, le candidat PS à la présidentielle, François Hollande, donne un coup d'accélérateur à sa campagne et sonne l'offensive contre le bilan de Nicolas Sarkozy. L'UMP réagit vivement.

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Dans le jargon militaire, on appelle cela le « Carpet bombing » ; en bon français, la stratégie du tapis de bombes qui consiste à préparer le terrain par un bombardement sans répit. François Hollande, dont on avait jusqu'ici du mal à obtenir un agenda un peu solide, annonce des déplacements de terrain et des réunions publiques un peu partout et sur une base quasi quotidienne.

 
François Hollande sera donc à Bordeaux ce mercredi 4 janvier 2012, à Caen jeudi, puis dans « son » département de la Corrèze pour ses vœux samedi, et enfin à Jarnac dimanche prochain. François Hollande viendra se recueillir sur la tombe de François Mitterrand à l'occasion du seizième anniversaire de la mort du seul président socialiste de la Vème République.

Point d'orgue annoncé de cette rentrée en fanfare, un grand meeting de campagne  devant plusieurs milliers de personnes le 22 janvier au Bourget, au cours duquel le candidat socialiste devrait dévoiler une partie de son projet, très attendu par ses sympathisants et peut-être encore plus par ses adversaires qui l'accusent d'entretenir le flou.

Offensive médiatique

En attendant ces « moments de ferveur » lors de réunions publiques à travers la France, comme le dit Pierre Moscovici, le coordinateur de campagne de François Hollande, il y a l'offensive médiatique, avec des lieutenants qui s'expriment tous azimuts, avant le passage du candidat lui-même au journal télévisé de 20H de France 2. La longue adresse aux Français publiée dans le quotidien (marqué à gauche) Libération se veut solennelle et tout simplement présidentielle. François Hollande y parle de « l'indispensable redressement de la nation » au terme d'un quinquennat marqué par les « fautes économiques et morales ». Il y parle d'une « France abaissée, affaiblie, abîmée, dégradée». Il consacre d'ailleurs près d'un tiers de son texte à la critique de l'actuel président, en évoquant une « présidence de la parole » et qualifiant Nicolas Sarkozy de « président des privilégiés ».

La droite réplique

Même s'il est présent sur le terrain grâce au marathon des vœux, Nicolas Sarkozy, qui n'est toujours pas officiellement candidat, ne répond pas. Ce sont donc ses lieutenants qui s'en chargent. Pour la ministre du Budget Valérie Pécresse  « cette lettre, c'est du vent. Je m'attendais à y trouver des idées nouvelles, des propositions concrètes: rien de rien. Il choisit un angle assez culotté qui est celui de dire que Nicolas Sarkozy est le président de la parole alors qu'il a fait des réformes comme jamais aucun président n'en a fait depuis trente ans ».

En attendant la déclaration de candidature du président sortant, qui travaille son image de président protecteur agissant dans la tempête économique, François Hollande occupe donc le terrain de la campagne et explique vouloir susciter un « vrai changement » et se dit prêt à se voir confier la responsabilité de diriger le pays.

Sur internet, l’UMP joue un tour à François Hollande

La facétie réalisée mardi 3 janvier par le parti présidentiel ne restera sans doute pas sans réponse. Profitant d’une négligence du PS, l’UMP a acheté sur internet le nom de domaine correspondant au slogan de campagne de François Hollande, « Le changement, c'est maintenant ».

Quand on clique sur www.lechangementcestmaintenant.fr, on arrive sur un site dont l’UMP est désormais propriétaire. Et il s’en donne à cœur joie. En pleine page, l’internaute découvre une parodie de la Une de Libération, journal qui avait fait son gros titre de l'adresse aux Français du candidat socialiste à la présidentielle.

Rebaptisé « L'Hibernation », le quotidien se fend d’un éditorial au vitriol rédigé par les Jeunes Populaires, le mouvement de jeunesse du parti de Nicolas Sarkozy. La diatribe est intitulée « Le reniement, c'est maintenant » et raille l’initiative de François Hollande, lui faisant dire qu'il est « candidat à l'élection présidentielle pour redonner à la gauche l'espoir qu'elle a perdu après la débandade de DSK » et qu'il a un « projet à 255 milliards d'euros dangereux pour la France ».

Extraits choisis : « Martine Aubry fait tout pour que je perde afin de rester la cheffe », « les militants s'en vont au gré des scandales dans les fédérations, du Nord aux Bouches-du-Rhône », « Mitterrand et Jospin n’ont jamais voulu de moi comme ministre » ou encore « heureusement, je peux toujours compter sur Libé pour m'adresser aux bobos [bourgeois-bohêmes, ndlr] ».

En bas de page, l'internaute est invité à cliquer pour obtenir le « texte intégral de mon projet ». Résultat : une page blanche barrée d'un simple « rien ». S’il clique de nouveau pour lire la suite, il trouve une nouvelle page blanche : « toujours rien ».

L'UMP se félicite de cette « facétie » et se moque au passage de « l'inorganisation » du camp Hollande, « qui n'a même pas pensé à acheter le nom de domaine de son slogan ».

Lire le pastiche de l'UMP : lechangementcestmaintenant.fr

RFI / Rédaction internet

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