France

En France, le scandale des prothèses mammaires PIP continue

L'Afssaps avait suspendu, fin mars 2010, l'utilisation des prothèses mammaires à base de gel de silicone fabriquées par PIP.
L'Afssaps avait suspendu, fin mars 2010, l'utilisation des prothèses mammaires à base de gel de silicone fabriquées par PIP. Getty Images/Photodisc/Peter Zeray

En France, une réunion du comité de suivi ministériel ce jeudi 5 janvier doit demander l’aide de l’hôpital public en réclamant la mise en place de blocs chirurgicaux dédiés aux retraits de ces prothèses. Parallèlement, les associations dénoncent l’absence de contrôle et une réglementation moins stricte en matière de prothèses que des médicaments.

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« Sur les dispositifs médicaux, il nous faut d’autres règles »

Le ministre de la Santé français, Xavier Bertrand, souhaite un changement de la réglementation européenne concernant les dispositifs médicaux dont font partie les implants mammaires. Aujourd’hui, il n’y a pas besoin d’autorisation de mise sur le marché pour les prothèses. Contrairement à ce qu’il existe pour les médicaments, seul le fabricant est responsable du produit qu’il vend. Le sigle CE est nécessaire mais ce marquage ne signifie pas que le produit a été fabriqué en Europe. En fait, il peut l’avoir été en Chine, en Inde ou à l’Ile Maurice.

La réglementation concernant la surveillance des médicaments a été mise en place dans les années 1970. Quant à celle des prothèses, elle est beaucoup plus récente puisqu’elle date seulement des années 1990.
Autre différence, le fabricant d’une prothèse n’est pas tenu de présenter son produit à l’organisme de contrôle accrédité par les agences gouvernementales, seul un descriptif correspondant aux normes prévues fait l’affaire. Et les spécialistes s’inquiètent d’une dérive possible. En effet, aucune preuve d’efficacité du produit n’est réclamée et c’est ainsi que ces dispositifs médicaux sont souvent fabriqués par des personnes dont ce n’est pas le métier, précise un expert.

Certains organismes de contrôles sont moins regardants que d’autres

En ce qui concerne les prothèses incriminées, elles avaient reçu la certification de TUV, un organisme allemand très connu. Selon le quotidien Le Figaro, la société PIP mise en cause a également été le fournisseur officiel de centres anticancéreux français jusqu’en 2010. L’Institut Curie, l’Institut Gustave Roussy, parmi les plus connus, ont utilisé des prothèses de la société Poly Implant Prothèse (PIP) pour des reconstructions mammaires de femmes ayant été atteintes d’un cancer.

Chaque chirurgien peut décider de poser ou non une prothèse dont il ne connaît pas toujours l’origine. Un chirurgien réputé précise que si le retrait d’une prothèse reste une opération simple, il n’est jamais anodin d’en poser une…

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