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Médias

Rue89, un anti-ride à 7 millions pour le Nouvel Observateur

Le site d’information Rue89 est un pure player, lancé le 6 mai 2007, jour du second tour de l’éléction présidentielle française.
Le site d’information Rue89 est un pure player, lancé le 6 mai 2007, jour du second tour de l’éléction présidentielle française.
Texte par : Carmen Lunsmann
3 mn

L'annonce a été officialisée cette semaine. Le groupe Nouvel Observateur a racheté fin décembre le site d'information Rue89, lancé en 2007 par des anciens du journal Libération. Rue89 n'avait jamais pu trouver son modèle économique. Le Nouvel Observateur espère s'offrir un outil moderne d'information sur Internet et Rue89 compte se développer tout en gardant son indépendance éditoriale.

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A 85 ans, le patron du Nouvel Observateur Claude Perdriel vient de s'offrir un anti-ride à 7,5 millions d'euros. Le site Rue89, en ligne depuis même pas cinq ans, mais dotée d'une solide réputation d'indépendance et d'investigation, vient régénérer le magazine papier qui fêtera bientôt son cinquantenaire. Le fondateur du Nouvel Observateur dit aimer l'esprit de conquête qui anime l'équipe de Rue89. Sans oublier les 2 millions de visiteurs par mois qui placent le site dans le trio de tête de l'information sur internet. Pierre Haski, fondateur et président de Rue89 assure que cette nouvelle alliance engendrera des synergies sans mettre en danger les valeurs du site.

« Un partenaire de choix »

« Le Nouvel Observateur rentre dans notre capital pour nous aider à nous développer, pas pour nous ni nous cannibaliser, ni nous restreindre, souligne Pierre Haski. Le Nouvel Observateur est un partenaire pour nous de choix parce qu’il garantit notre indépendance et il est fait avec des gens avec lesquels nous avons énormément d'affinités, une maison dans laquelle nous avons déjà beaucoup d'amis. Donc, la rencontre s'est faite à la fois sur une communauté de valeurs et sur un intérêt commun à aller de l'avant, nous qui avions besoin de nous adosser à un groupe plus puissant et le Nouvel Observateur qui avait besoin peut-être de cette tête chercheuse sur le web que nous pouvons incarner. »

Rue89 avait fondé sa démarche sur l'autonomie, un style et un ton nouveau, mais le site participatif et gratuit, financé principalement par la publicité et en partie par la vente de formations, n'était jamais parvenu à l'équilibre. Il affichait 400 000 euros de pertes en 2011. Son concurrent direct, Mediapart, autre site leader de l'info en ligne, s'en sort mieux. Il a misé sur un modèle payant.

Les deux gratuités de Mediapart

« Depuis le début, je ne croyais pas à la viabilité pour l'information de qualité de cette illusion de modèle tout gratuit, tout publicitaire, explique Edwy Plenel, co-fondateur et président de Mediapart. Quant au reproche que nous serions derrière un mur du payant, c'est un reproche erroné. Mediapart distingue deux gratuités. Il y a une gratuité que nous revendiquons qui est la gratuité démocratique, gratuité de l'échange, du partage, de la relation. Le club de Mediapart est en accès libre. En revanche, la gratuité que nous avons combattu, c'est cette gratuité mensongère, illusoire qui est la gratuité publicitaire. Elle est destructrice de valeur. »

Avec ses 58 000 abonnés et ses 500 000 euros de bénéfices net en 2011, Mediapart semble pour l'instant avoir tiré son épingle du jeu. Mais dans une période de constante mutation technologique et un contexte de crise économique et sociale, les sites d'information sur internet doivent rester sur leurs gardes et adapter constamment leur modèle économique aux circonstances. 

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- Le site de Rue89
- Le site du Nouvel Observateur
- Le site de Mediapart

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