France / Politique

Marine Le Pen chiffre son projet présidentiel

Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, lors de la présentation de son programme économique à la presse, ce jeudi 12 janvier.
Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, lors de la présentation de son programme économique à la presse, ce jeudi 12 janvier. AFP/Joel Saget

Un an après avoir pris la tête du Front national, Marine Le Pen a renforcé l'influence des idées d'extrême droite en France. Selon plusieurs sondages, près d'un tiers des Français adhèrent désormais aux idées du Front national et plus d'un quart souhaite qu'elle soit au second tour de la présidentielle. Forte de cette popularité, Marine Le Pen présentait ce jeudi son programme chiffré pour le quinquennat 2012-2017.

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Elle est fière comme tout Marine Le Pen. Fière du tour qu'elle joue à ceux qu'elle appelle « les autres grands candidats » en présentant la première un programme concret, un programme chiffré. « Un chiffrage, ce n'est pas qu'un ensemble de chiffres, c'est surtout un ordre de priorité », dit-elle.

Pendant plus d'une heure, la candidate, entourée de ses conseillers, énonce donc ses priorités, usant de ces mots compliqués du jargon économique qui crédibilisent un discours. Ses priorités, ce sont la justice, la sécurité, la santé ou encore le pouvoir d'achat avec une mesure phare : l'augmentation de 200 euros nets des salaires inférieurs à 1 500 euros. Au total, 220 milliards de dépenses supplémentaires en 5 ans.

Pour financer tout cela, Marine Le Pen compte diviser l'immigration légale par 20, lutter contre les fraudes sociales et fiscales et ramener à zéro la contribution nette de la France au budget de l'Union européenne. Surtout, le Front national prétend tirer 200 milliards d'euros en 5 ans de la mise en place d'une taxe de 3% sur les importations et de la sortie de la zone euro. C'est encore grâce au retour au franc et à la création monétaire par la Banque de France que le Front national compte lancer un plan de désendettement.

Les risques inflationnistes liés à ces mesures, dénoncés par de nombreux économistes, étant manifestement balayés d'un revers de main, comme s'il s'agissait d'un simple point de détail.

Près d'un tiers des Français approuvent les idées défendues par le Front national, un niveau encore jamais atteint à l'approche d'une élection présidentielle, révèle un sondage TNS Sofres réalisé pour Le Monde, Canal+ et France Info et publié jeudi 12 janvier. D'après les résultats de ce sondage, effectué entre le 6 et le 9 janvier 2012, 31% des personnes interrogées se disent « d'accord avec les idées » du parti d'extrême droite contre 22% en janvier 2011.

Ce taux d'adhésion est supérieur à celui de 28% enregistré en mai 2002, année au cours de laquelle le FN était parvenu à se hisser au second tour du scrutin le 21 avril.
A la question : « Pensez-vous que le FN représente un danger pour la démocratie en France ? », 53% des personnes interrogées ont répondu :« oui ». Elles étaient 70% en 2002.

Dans un autre sondage publié ce même jour et effectué par l’institut OpinionWay-Fiducial pour Radio Classique et Les Echos, les intentions de vote en faveur de la président du Front national sont en hause d’un point par rapport à l’enquête précédente. Si le premier tour avait lieu le dimanche 15 janvier 2012, François Hollande recueillerait 27% des votes, Nicolas Sarkozy 25%, Marine Le Pen 17% et François Bayrou 15%.

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