FRANCE / Justice

En France, l'affaire de Tarnac s'enlise de plus en plus

Dans l'affaire de Tarnac, Julien Coupat, avec d'autres membres d'un groupe ultra-gauche, sont mis en cause dans le sabotage d'une ligne TGV en 2008.
Dans l'affaire de Tarnac, Julien Coupat, avec d'autres membres d'un groupe ultra-gauche, sont mis en cause dans le sabotage d'une ligne TGV en 2008. AFP/Jean-Christophe Verhaegen

Depuis trois ans et demi, la justice française enquête sur les agissements d'un groupe présenté comme appartenant à la mouvance d'ultra-gauche et dont le meneur serait Julien Coupat. Plusieurs membres de ce groupe sont mis en cause dans le sabotage d'une ligne TGV en 2008. Mais, aujourd'hui la défense accuse le juge d'instruction Thierry Fragnoli en charge du dossier de dérapage.

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Le 23 février dernier, le juge Fragnoli accompagné de policiers, débarque chez un forgeron normand. Ils le soupçonnent d'avoir confectionné les fers à béton ayant servi à saboter la ligne de TGV. Sur place les policiers oublient une sacoche contenant des photos de suspects et un procès verbal de garde à vue en blanc, non réglementaire.

Lorsque le juge apprend que cet incident va être relaté par le Canard enchaîné, il n'hésite pas à envoyer un mail à certains journalistes, pour les convaincre que ces documents n'ont aucun intérêt. Ces journalistes triés sur le volet, le juge les appelle les amis de la presse libre, précisant entre parenthèse: celle qui n'est pas affiliée à Julien Coupat et Jeremy Assous. Une initiative encore jamais vu dans la magistrature.

Pour Jeremy Assous, avocat de Julien Coupat, c'est bien la preuve d'une instruction à charge : « J’en veux pour preuve qu’il est dans l’incapacité la plus totale de démontrer qu’il a ordonné un acte à décharge. Les policiers et les magistrats ne cessent d’établir des scénarios tous plus grotesques les uns que les autres pour impliquer les mises en cause. Mais, cela fait très longtemps qu’il ne maitrise absolument plus. Il a perdu tout sang froid. Il a perdu toute impartialité dans cette affaire ».

Pour ces faits le juge Fragnoli pourrait être sanctionné par sa hiérarchie et dessaisi du dossier de Tarnac. Mais, pour le moment la chancellerie ne souhaite pas faire de commentaires.

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