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France / Présidentielle 2012

Le score du Front national : un vote de colère ou d’adhésion ?

La candidate du Front national Marine Le Pen salue ses électeurs après les résultats du premier tour de la présidentielle, à Paris, le 22 avril 2012.
La candidate du Front national Marine Le Pen salue ses électeurs après les résultats du premier tour de la présidentielle, à Paris, le 22 avril 2012. Reuters/Pascal Rossignol
Texte par : Laurence Théault
4 mn

Avec 17,9 % des suffrages, la candidate du Front national Marine Le Pen réalise un score historique. Selon une enquête menée par l'Institut français d'opinion publique (Ifop), le vote Le Pen n'est pas uniquement un vote contestataire, il suscite une réelle adhésion aux idées frontistes. Et aussi, aujourd'hui « des tabous ont été levés » et le vote FN est beaucoup plus avouable.

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En arrachant la troisième place lors du premier tour de cette élection présidentielle, Marine Le Pen réalise un score historique. Pour l'historien, spécialiste de l’extrême droite Nicolas Lebourg « c’est la victoire de la stratégie de dédiabobilisation qu’elle avait entamée en 2002. Elle a réussi à convaincre les électeurs que le FN était une alternative au bipartisme, mais sans être un parti sulfureux. ». Marine Le Pen fait bien mieux que son père et ses 16,86% en 2002 parce qu’elle réussit à toucher un électorat nouveau, surtout chez les primo-votants et les femmes. « Avant, lorsque l’on était homo ou d’origine immigrée, on n’aurait jamais voté FN. Des tabous ont été levés au cours de cette élection. »

En 2007, Jean-Marie Le Pen était à 10%, sa fille termine le quinquennat en récoltant 17,9% des suffrages. Il faut se rappeler qu’en décembre, la présidente du FN n’était qu’à 13,5% d’intentions de vote. Elle a opéré sa remontée dans les quinze derniers jours. Nicolas Lebourg souligne que « comme son père en 2002, elle la doit moins à elle qu’à la campagne d’ultra droite menée par l’UMP. Le score du FN marque la défaite de la ligne défendue par Patrick Buisson (conseiller maurrassien du président de la République). Cette stratégie n’a fait que légitimer et déculpabiliser le vote FN. »

Un vote d'adhésion

Selon l'Ifop, le vote Le Pen n'est pas uniquement un vote contestataire, il suscite une réelle adhésion. Interrogé sur le sujet, Dominique Sopo, président de SOS racisme, explique que le vote Front national traduit l'existence d'un imaginaire raciste et xénophobe. Le phénomène n'est pas nouveau puisque c'est un parti structuré autour de ces thématiques donc « les électeurs structurés d'un point de vue idéologique par cette vision du monde se retrouvent dans ce mouvement. ».

Le président de SOS racisme tient toutefois à rappeler qu'il s'agit d'un vote de désespoir et de colère : « nous l'avons toujours analysé ainsi à SOS Racisme ». Selon lui, les électeurs de Marine Le Pen pensent que les partis républicains ne sont plus en mesure de leur proposer un projet ; un programme qui leur permet de se projeter dans l'avenir. De ce fait, ils se rabattent sur des logiques de boucs émissaires.

Jean-Marie Le Pen en son temps

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Nicolas Lebourg, historien et spécialiste de l'extrême droite précise qu'on a tendance à trop considérer le vote FN comme un vote protestataire, il y a « une véritable adhésion au Front national ». Il rappelle que déjà en 1995, quand on demandait aux gens s'ils allaient voter pour la personne de Jean-Marie Le Pen ou pour son programme, ils adhéraient d'abord au programme. Alors que, par exemple, l'électorat d'Edouard Balladur votait en tout premier lieu pour la personne. On voit bien que le vote pour Jean-Marie Le Pen était un vote d'adhésion pour le programme.

La préférence nationale

Les études le montrent, 15% de l'électorat Le Pen considèrent que le projet de la préférence nationale (qui est au cœur du discours du Front national) est la question essentielle. Après, ce sentiment qu’il faut donner la priorité aux Français peut évoluer à la marge, mais cette idée reste primordiale pour eux.

Source : Ministère de l'Intérieur
Infographie : Latifa Mouaoued/RFI

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