France / Immigration

France : la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers abrogée par le nouveau gouvernement

Des étudiants du collectif du 31-Mai manifestent contre la circulaire Guéant.
Des étudiants du collectif du 31-Mai manifestent contre la circulaire Guéant. Collectif 31 mai

C'était la priorité de la nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur. Geneviève Fioraso a donc abrogé la fameuse circulaire Guéant du 31-Mai qui restreint la possibilité pour les étudiants étrangers diplômés de travailler en France. Cette circulaire très controversée a suscité depuis un an une vive polémique dans les milieux associatifs, universitaires et politiques.

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L'objectif de la circulaire mise en place par Claude Guéant était claire. Lors de son adoption le 31 mai 2011, l'ancien ministre de l'Intérieur souhaitait limiter l'immigration légale et professionnelle.

Dans le collimateur : les étudiants étrangers. Ils sont plus de 60 000 à venir chaque année étudier en France et une grande part du flux migratoire à caractère professionnel provient de leur changement de statut. Le but de cette circulaire était donc de durcir la délivrance du permis de travail à tout étudiant étranger diplômé et de demander à l'employeur de justifier la nécessité de recourir à une main d'œuvre étrangère.

Les réactions ont été vives pour dénoncer ce dispositif. Un collectif, celui du 31-Mai, s'est même formé pour soutenir ces étudiants étrangers. Face à la mobilisation, Claude Guéant a dû revoir sa copie. Le texte modifié a été complété. Aujourd'hui, il s'adresse en priorité aux étudiants hautement qualifiés, de niveau bac +5, qui peuvent bénéficier d'un titre de séjour pour travailler. Un changement cependant insuffisant pour le collectif du 31-Mai. 

Des sans-papiers hyper diplômés 

« Le mal est fait », lance Vincent Chauvet, porte-parole du collectif du 31-Mai, qui a recensé 1 164 cas problématiques d'étudiants étrangers. Ils sont des centaines de jeunes diplômés à se retrouver sans-papiers. Nombreux sont ceux qui, recrutés dans des entreprises françaises, ont été licenciés faute d'avoir pu obtenir leur changement de statut d'étudiant à salarié.

C'est le cas de l'emblématique Nabil Sebti. Ce jeune chef d'entreprise diplômé de HEC a dû mettre la clé sous la porte faute de papiers en règle. C'est donc dans son pays d'origine, le Maroc, qu'il a remonté sa boîte. Aujourd'hui de retour en France, il est présent dans ce nouveau combat. Désormais, affirme-t-il, « nous voulons participer au débat pour rendre les procédures plus claires, plus transparentes et plus cohérentes ». 

Une fois abrogée, que va-t-il se passer ? 

L'abrogation de cette circulaire complémentaire n'est que symbolique. Elle avait été une promesse du candidat François Hollande. Promesse tenue. Mais il est maintenant urgent de plancher sur un texte de remplacement. « Il ne faut surtout pas laisser de vide juridique », explique Louis Vogel, président de la Conférence des présidents d'université. « Si on abroge les deux circulaires Guéant, celle de mai et la complémentaire de janvier, il faut bâtir un statut stable de l'étudiant et du diplômé étranger en France, au final cela passera par une loi et non (par) une simple circulaire », souligne-t-il.

Le président de la Conférence des présidents d'université propose aussi la création d'un comité de suivi composé de parlementaires, de représentants des préfets, de recteurs et d'étudiants pour faire une série de recommandations afin de régler notamment les cas des étudiants toujours dans une situation difficile.

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