France / Arts plastiques

Mort du peintre Georges Mathieu, chantre de l’art libéré

Le peintre français Georges Mathieu présente quelques uns de ses tableaux le 15 mars 1971 dans une galerie parisienne.
Le peintre français Georges Mathieu présente quelques uns de ses tableaux le 15 mars 1971 dans une galerie parisienne. AFP

Ses tableaux faisaient « tâche » dans les années 1960 et 1970. Adepte du tachisme et de l’abstraction lyrique, considéré comme peintre « officiel » en France, ses toiles sont exposées dans les plus grands musée du monde. Georges Mathieu est décédé ce dimanche 10 juin à l’âge de 91 ans à Boulogne-Billancourt, a annoncé sa famille ce mardi.

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Le grand public connaît surtout le peintre excentrique moustachu avec sa pièce de dix francs qu’il avait crée en 1974, au sommet de son art. A l’époque, Georges Mathieu était l’un des artistes français les plus célèbres au monde.

Né le 27 janvier 1921 au sein d’une famille de banquiers à Boulogne-sur-Mer, Georges Victor Mathieu d’Escaudœuvres entame d’abord des études de droit, de lettres et de philosophie. C’est à l’âge de 21 ans, en 1942, qu’il s’oriente vers les arts plastiques et réalise ses premières peintures à l’huile. Dès 1944, il fait jaillir la couleur directement du tube sur la toile, écrasée par le doigt du maître. Il revendique ainsi la paternité du fameux « dripping » qui a rendu célèbre Jackson Pollock. Ironie de l’histoire, c’est lui qui a fait découvrir Pollock aux Français, mais contrairement à l’Américain qui enregistre jusqu’à aujourd’hui des prix record pour ses toiles, les tableaux de Georges Mathieu stagnent sur le marché de l’art. Une rétrospective au Musée du Jeu de Paume en 2002 était pratiquement la seule récompense ces dernières années pour cet artiste majeur de la peinture abstraite.

Un art libéré de toutes les contraintes

Mathieu, qui défendait un art libéré de toutes les contraintes, prônait un changement radical et combattait les idéologies antérieures, reste comme l’un des précurseurs du « happening ». Ses grandes peintures abstraites « lyriques » (en opposition contre l’abstraction géométrique d’un Mondrian) étaient souvent le résultat d’un geste aussi rapide que violent, aussi improvisé que minuté ou intuitif, le tout célébré devant un public. Mathieu, « le peintre le plus rapide du monde », avait l’habitude de peindre debout des toiles placées verticalement devant lui. L’une de ses performances restées célèbres se passait en 1956 au théâtre Sarah Bernhardt à Paris. Muni de 800 tubes de peinture et en présence de 2 000 spectateurs, Georges Mathieu s’acharnait sur une toile géante de 4 x 12 mètres.

Longtemps avant les stars médiatisées du design comme Philippe Starck, Mathieu s’obstinait à introduire le beau dans les objets de la vie quotidienne comme en témoigne une série de commandes : des timbres-poste, une campagne publicitaire pour Air France, le logo d’Antenne 2, des meubles et des tapisseries.

Membre de l’Académie des Beaux-arts depuis 1975, il est décédé ce dimanche 10 juin à l’âge de 91 ans à l’hôpital Ambroise Paré de Boulogne-Billancourt, près de Paris.

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