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France

La majorité des jeunes Français ignore ce qu'est la rafle du Vél d'Hiv

Jardin du souvenir à l'emplacement du Vél d'Hiv, plaque en face de la station de métro Bir-Hakeim.
Jardin du souvenir à l'emplacement du Vél d'Hiv, plaque en face de la station de métro Bir-Hakeim. Wikipédia/Djampa
Texte par : Alexis Morel
3 mn

La France commémore ce lundi la rafle du Vélodrome d’Hiver. Il y a soixante-dix ans, les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 000 juifs français étaient arrêtés et la plupart enfermés au Vélodrome d’Hiver, à Paris. Ils ont été ensuite déportés vers les camps nazis. Aujourd’hui, un sondage dresse un constat inquiétant : 60% des 18-24 ans n’ont jamais entendu parler de l’évènement.

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C’est une tache sombre dans l’histoire de France. La rafle du Vél d’Hiv symbolise à elle seule la participation de l’Etat français à la déportation des juifs de l’Hexagone. Un évènement qui semble donc inconnu chez les plus jeunes.

Soixante-dix ans après, jour pour jour, un sondage CSA* pour l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) dresse un constat inquiétant : la majorité des jeunes Français ne connaissent pas grand-chose de l’évènement. Ainsi, 60% des 18-24 ans déclarent n’en « avoir jamais entendu parler ». C’est encore pire chez les lycéens : 67% d’entre-eux n’ont aucune notion de la rafle.

Cette ignorance est d’autant plus surprenante que la rafle du Vél d’Hiv est désormais bien traitée par les programmes scolaires. Longtemps taboue et occultée, la participation de la police française à la déportation des juifs est maintenant évoquée à trois reprises, en primaire, au collège et au lycée. Une série de livres et de films sont aussi sortis ces derniers mois en France sur le sujet, dont  La Rafle, avec Mélanie Laurent et Jean Réno. Des œuvres qui ont malgré tout un effet, puisque les Français interrogés déclarent avoir entendu parler du Vél d’Hiv davantage par ces films que par leurs cours d’histoire… La parole s’est globalement libérée depuis le discours de Jacques Chirac, en 1995, qui avait reconnu pour la première fois la responsabilité de la France dans la rafle.

Pour Jonathan Hayoun, le président de l’UEJF, « il est inquiétant de constater que cette page primordiale de l’histoire de notre pays est si méconnue, alors même que l’antisémitisme explose ». Il compte demander au président de la République de faire de la lutte contre l’antisémitisme et le racisme « une grande cause nationale ».

En revanche, un autre chiffre du sondage nuance le premier constat. Au-delà des dates, une très grande majorité des interrogés, 85%, restent convaincus que la transmission de la mémoire de la Shoah est importante.

(*) Sondage CSA-EJFJ sur un échantillon représentatif de 1 056 Français âgés de 15 ans et plus.

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