France / Automobile

France : la classe politique divisée sur le plan d’aide du gouvernement au secteur automobile

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif  présente son plan d'aide à la filière automobile, à Paris, le 25 juillet 2012.
Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif présente son plan d'aide à la filière automobile, à Paris, le 25 juillet 2012. Reuters / Remy de la Mauviniere

Le gouvernement a dévoilé en Conseil des ministres, ce mercredi 25 juillet, son plan d'aide à l'industrie automobile. Le plan prévoit une augmentation du bonus écologique aux voitures électriques et aux hybrides, à condition que leurs prix soient maintenus par les constructeurs et que la production se fasse en France. Un plan qui préfère donc le soutien au marché automobile à la baisse du coût du travail. Les réactions politiques à l'annonce du plan.

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Le plan du gouvernement Ayrault prévoit un renforcement d'une mesure déjà en place - le bonus-malus écologique. Le bonus passera de 5 000 à 7 000 euros pour les voitures électriques et de 2 000 à 4 000 euros pour celles qui ont une motorisation hybride, à la fois thermique et électrique. Le coût global annoncé est de 500 millions d'euros par an, qui sera compensé par le malus dès 2013, selon Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. C'est lui-même qui l'a annoncé ce mercredi matin.

Le ministre du Redressement productif envisage aussi des facilités de financement pour les équipementiers et constructeurs en difficulté. Il veut également réorienter des investissements vers la recherche et développement. En échange de cette aide, le gouvernement va demander aux groupes automobiles la « pérennisation des sites de production », en France. Le gouvernement  a aussi critiqué l'accord passé entre l'Union européenne et la Corée du Sud. Un accord de libre-échange jugé inéquitable - il a été naïvement passé, a estimé Arnaud Montebourg.

Il s’agit de rendre le véhicule propre, un objet de la vie quotidienne de tous les Français.

Arnaud Montebourg

Enfin, dans cette défense du « made in France », le ministre a aussi convaincu deux cinéastes, Cédric Klapisch et Luc Besson, de réaliser des « publicités en faveur de l'automobile française ».

Jean-Marc Ayrault

Le plan du gouvernement « s'inscrit avec une très, très grande détermination dans le redressement de la filière automobile, c'est un acte extrêmement important, il faut faire face aux urgences, celles des plans sociaux », a déclaré le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Le président François Hollande a, quant à lui, salué un « plan global » et « inscrit dans la durée ».

 
Néanmoins pour Noël Mamère, député écologiste de Gironde, ce plan ne va pas assez loin.

Nous savons tous aujourd’hui dans le monde qu’il y a 3 à 4 constructeurs automobiles de trop.

Noël Mamère

« Totalement déconnecté » pour l'opposition

Selon Dominique Bussereau, député UMP de Charente-Maritime, ce plan ne suffira pas à relancer l'industrie automobile. Selon l'ancien secrétaire d'Etat aux Transports (de mai 2007 à novembre 2010), l'Etat ne peut pas tout, surtout pas influencer le choix des automobilistes.

Le choix se fait sur le prix, la qualité des véhicules (…). Le problème c’est que l’industrie française ne fait malheureusement plus rêver (…). L’industrie automobile qui était notre fleuron n’est plus dans la course.

Dominique Bussereau

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a jugé pour sa part le plan « totalement déconnecté des exigences de la crise et de la concurrence européenne et mondiale ».

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