FRANCE

Gennevilliers : la mairie assouplit les obligations de ses employés pendant le ramadan

Des enfants attendent leur train pour un départ en colonie de vacances le 5 juillet 2008, à la gare de la Part-Dieu à Lyon.
Des enfants attendent leur train pour un départ en colonie de vacances le 5 juillet 2008, à la gare de la Part-Dieu à Lyon. AFP / FRED DUFOUR

Devant l'avalanche de critiques en provenance du monde politique comme des autorités musulmanes, la mairie communiste de Gennevilliers, en banlieue parisienne, renonce finalement à faire appliquer l'article qu'elle avait ajouté au contrat de travail de ses animateurs de colonies de vacances, les obligeant à se nourrir et à boire pendant leur journée de travail avec les enfants.

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Pour tous les animateurs de colonies de vacances employés par la mairie de Gennevilliers, dès ce début de mois d'août, les modalités des contrats sont assouplies : pendant le ramadan, ceux qui sont musulmans pratiquants ne seront plus contraints de s'alimenter et de s'hydrater au nom de la sécurité des enfants. 

La décision a été annoncée mardi, à la suite du tollé provoqué après la suspension de quatre animateurs musulmans employés par la mairie. Ils avaient été obligés de quitter la colonie au premier jour du ramadan, au motif qu'ils ne s'hydrataient pas et ne s'alimentaient pas pendant la journée, ce qui pouvait nuire à leur capacité à bien encadrer les enfants, selon la mairie de Gennevilliers.  

Au final, ils ont été payés comme convenu mais ils ne rempileront pas car leur contrat s'arrêtait à la fin juillet. A l'avenir, la mairie a annoncé qu'elle renforcerait simplement ses contrôles pour éviter tout incident sur les lieux de vacances qui sont de sa responsabilité. 

Car c'est un accident de circulation, impliquant une conductrice de mini-bus en train de jeûner, qui avait poussé il y a deux ans le maire communiste Jacques Bourgoin à inclure dans les contrats de travail des animateurs, une mesure aujourd'hui extrêmement décriée. Il a donc finalement reculé à la dernière minute, face à l'ampleur du tollé médiatique, à droite comme à gauche.  

Sa décision avait suscité l'indignation du Conseil français du culte musulman, prêt à porter l'affaire en justice pour discrimination. Le CFCM rappelle à cet égard que des millions de personnes pratiquent le jeûne chaque année en toute discrétion, pendant leur travail, sans que cela ne porte atteinte à leurs compétences professionnelles.

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