France

France: le gouvernement s'attaque au prix du carburant

REUTERS/Charles Platiau

Pierre Moscovici, le ministre de l'Économie, reçoit ce lundi 27 août les associations de consommateurs et mardi les représentants du secteur pétrolier pour tenter de trouver une solution à l'envolée du prix de l'essence et du gasoil à la pompe. Le coût d'un plein de carburant est parmi les premières récriminations des Français lorsqu'ils évoquent la baisse de leur pouvoir d'achat. Le gouvernement a déjà annoncé qu'il ferait un geste sur les taxes, mais il ne veut pas être le seul à porter le poids d'une baisse des prix. Qui doit faire des sacrifices et seront-ils suffisants ?

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Les prix à la pompe s'envolent et la grogne règne parmi les automobilistes. Le gouvernement a renoncé à un gel des prix, trop compliqué, et a décidé de donner l'exemple en réduisant de manière «modeste» et «provisoire» les taxes, de l'ordre de 50% qui pèsent sur l'essence et le gasoil. Ce faisant, le gouvernement se prive de ressources très importantes pour les finances publiques.

La taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers a rapporté 14 milliards d'euros l'an dernier et l'effort consenti, même de quelques centimes, sera coûteux. Le gouvernement entend donc ne pas être le seul à jouer le jeu et demande aux raffineurs et distributeurs d'y mettre aussi du leur.

Les associations de consommateurs estiment que le secteur pétrolier est le grand gagnant de la hausse des prix. Il faut donc le faire payer à la mesure de la rente qu'il perçoit. Par exemple, Alain Bazot, président de l'UFC- Que choisir préconise de faire contribuer spontanément -ou moins spontanément, si nécessaire - les raffineurs et distributeurs au financement des énergies alternatives.

Accompagner le mouvement

Les pétroliers, on s'en doute, ne l'entendent pas de cette oreille. Ils sont rassurés d'avoir échappé au gel des prix mais ils rappellent qu'ils vont déjà devoir verser cette année une taxe exceptionnelle de 550 millions d'euros, votée dans le cadre du collectif budgétaire de juillet.

En même temps, ils ne peuvent pas donner l'impression de camper sur leurs positions. Ils se déclarent donc prêts à faire aussi un pas en avant, à condition que ce soit un petit pas, pour accompagner l’effort du gouvernement. Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières estime que la marge des distributeurs est de seulement un centime par litre.

Mesures de court terme

Les automobilistes ne doivent pas s'attendre à un effondrement du prix des carburants à la pompe. En matière de réduction des taxes, le gouvernement ne pourra guère aller plus loin. D'autant plus que contrairement aux idées reçues, la fiscalité des carburants en France n'est pas extravagante, ni les prix plus élevés qu'ailleurs.

Francis Perrin, président de SPE (Stratégies et Politiques Energétiques) souligne que la France est dans la moyenne européenne, tant du prix hors taxe que du prix taxes comprises. La solution, selon lui n’est pas dans des mesures de court terme consistant à grappiller quelques centimes de baisse ici ou là.

Le vrai problème, c'est bien le prix atteint par le baril de brut sur les marchés mondiaux. À la veille des rencontres avec le ministre de l’Economie, le Brent de Mer du nord était à 113 dollars le baril.

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