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France / Automobile

France : rentrée tendue à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois

Les salariés de PSA Peugeot-Citroën d'Aulnay-sous-Bois ont effectué leur rentrée ce mardi 4 septembre dans une ambiance morose.
Les salariés de PSA Peugeot-Citroën d'Aulnay-sous-Bois ont effectué leur rentrée ce mardi 4 septembre dans une ambiance morose. RFI / François-Damien Bourgery

Comme des millions d’élèves, les salariés de l’usine PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, ont effectué leur rentrée ce mardi 4 septembre. Mi-juillet, la direction avait annoncé la fermeture du site à l’horizon 2014 et la suppression de 8 000 emplois au sein du groupe. Après un mois de congé, ils ont repris le chemin du travail, partagés entre résignation et mobilisation.

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Il est 6h ce mardi 4 septembre lorsque les premiers ouvriers de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois franchissent les grilles de leur usine. Ils se hâtent, la tête rentrée dans les épaules pour affronter la fraîcheur du petit matin, le visage fermé. Beaucoup refusent de répondre aux questions. Après un mois de vacances et une semaine de chômage partiel, cette rentrée a pour eux un goût amer. « On ne va pas au travail de gaieté de cœur, on y va parce qu’on n’a pas le choix », lâche Michel, 57 ans, dont 37 passés à Aulnay.

Le 12 juillet, la direction de PSA a annoncé la suppression de 8 000 postes au sein du groupe et la fermeture de leur usine - qui emploie 3 500 personnes - en 2014. Une décision justifiée par une baisse des ventes de véhicules. Depuis, les salariés sont en sursis, et l’incertitude règne. Certains parlent de « mépris » de la part de la direction. « Le plus dur n’est pas de savoir que l’usine va fermer, le plus dur est de ne pas savoir ce qui nous attend », confie l’un d’eux, qui souhaite garder l’anonymat par peur des représailles.

Colère des ouvriers

Depuis l’annonce de la fermeture de l’usine, cet ouvrier de 48 ans, père de deux enfants, avoue avoir du mal à trouver le sommeil. Il vient de revendre sa maison, achetée il y a un an à peine. « Je n’aurai bientôt plus les moyens de payer les traites qui s’élèvent à 1 100 € par mois », explique-t-il. Sur le parking de l’usine qui se remplit lentement, il laisse éclater sa colère et dénonce, en vrac, les méthodes de management, le manque de formation qui risque d’empêcher de nombreux ouvriers de retrouver un emploi. Les mots sont durs. « Ce sont des crapules, des salauds ».

« J’entends parler de la fermeture du site depuis mon arrivée, il y a quinze ans. Si la direction a pris cette décision, c’est parce qu’elle l’a voulu. Sinon, elle aurait mis l’usine à niveau en misant sur l’hybride ou l’électrique », affirme-t-il. Il ne croit pas aux promesses de reclassement de la direction et doute de l’action des syndicats : « Les gens ne sont prêts à rien. Ils craignent de ne pas être recasés à l’usine de Poissy si jamais ils expriment leur mécontentement ».

Si certains semblent déjà résignés, d’autres assurent vouloir se battre pour conserver leur emploi. « Nous sommes plus de 3 000 ici. Nous constituons une véritable force collective. On va entendre parler de nous », prédit Didier, technicien de montage. Devant les grilles de l’usine, les délégués syndicaux annoncent la tenue dans la journée d’une réunion intersyndicale pour mettre en place les actions futures. « Notre objectif est qu’aucun salarié d’Aulnay ne se retrouve à Pôle emploi », martèle Tania Sussest, du Syndicat indépendant de l’automobile, le SIA, majoritaire à Aulnay.

Vers la mobilisation

Tania Sussest est déçue. Déçue par les propos du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, qui a appelé fin août les syndicats à la « responsabilité économique ». Déçue du président François Hollande qui ne les a pas encore reçus, contrairement à sa promesse faite à la veille de son élection en mai dernier. Déçue enfin de la faible mobilisation des salariés et du manque de solidarité de ceux des autres sites. « Ils ont dû pousser un petit ' ouf ' de soulagement en apprenant que ce n’est pas leur usine qui allait fermer », pense-t-elle.

Mais elle promet des actions coup-de-poing, qu’elle espère massives, pour forcer l’organisation de réunions tripartites, rassemblant gouvernement, syndicats et direction, afin de trouver des solutions à la fermeture d’Aulnay. « La direction nous prend pour des sauvages, mais nous sommes responsables ; il n’y aura pas de violences », jure-t-elle. En prévision d’une rentrée mouvementée, une entreprise de sécurité a été recrutée fin juillet pour protéger les dirigeants de l’usine en cas d’agitation et empêcher toute tentative de séquestration. Et dès la reprise du travail ce matin, la direction a menacé de sanctions chaque temps de pause non autorisé. Le bras de fer est engagé.

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