Accéder au contenu principal
France

Réforme du marché du travail : les exemples de «flexisécurité» en Europe

La «flexisécurité» conjugue une grande facilité de licenciement pour les entreprises à des indemnités longues et importantes pour les salariés licenciés.
La «flexisécurité» conjugue une grande facilité de licenciement pour les entreprises à des indemnités longues et importantes pour les salariés licenciés. REUTERS/Eric Gaillard
Texte par : Francine Quentin
3 mn

Au cours de son intervention télévisée, hier dimanche 9 septembre, François Hollande a pressé les partenaires sociaux d'entamer la réforme du marché du travail et d'aboutir à un projet d'ici la fin de l'année. Le terme de flexibilité est tabou en France, les syndicats le refusent car ils y voient un synonyme de dérégulation. Les partenaires sociaux ne pourront cependant manquer de s'inspirer d'exemples étrangers, cocktails variables de souplesse et de contraintes, rassemblés sous le terme de « flexisécurité ».

Publicité

Mieux protéger les salariés contre la précarité et le chômage alors que la France compte trois millions de chômeurs, tout en permettant aux entreprises de s'adapter rapidement à la conjoncture. L'expérience est tentée depuis les années 1990 au Danemark. Dans ce pays, le recours accru au travail à temps partiel est compensé par une politique active de formation et une protection sociale généreuse envers les demandeurs d'emplois, qui sont facilement licenciés. Les Danois n’ont en effet qu’une faible sécurité dans l’emploi.

C’est ce que les spécialistes appellent la flexibilité externe. Toutefois, avec la crise, le Danemark a dû revoir cette générosité : l'indemnisation du chômage est passée de quatre ans - l’une des plus longues au monde - à deux ans. Car ces politiques de sécurisation de l'emploi par les pouvoirs publics sont coûteuses.

Eviter les licenciements

En Allemagne, la souplesse s'exerce plutôt à l'intérieur de l'entreprise. Pour éviter les licenciements, des accords patronat-syndicats entérinent le chômage partiel ou, a contrario, l'augmentation de la durée de travail sans augmentation de salaire. En revanche, le chômage est moins bien indemnisé - deux fois moins longtemps qu'en France. L’indemnité est en effet conditionnée à la situation patrimoniale, y compris celle du conjoint. Si les ressources dépassent un certain seuil, d’ailleurs peu élevé, il n’y a pas d’indemnisation. De plus, la prestation chômage est réduite en cas de refus d’emploi, même pour un salaire inférieur à celui que le chômeur percevait en activité.

Flexi sans sécurité

Au Royaume-Uni, la flexibilité du marché du travail l'emporte sur la sécurité : la multiplication des contrats courts et du temps partiel s'accompagne d'une stagnation, voire d'un recul des salaires. Le nombre d’emplois à temps partiel a bondi d’un million depuis 2008. Actuellement 3,3 millions de personnes sont considérées comme sous-employées. Un phénomène qui touche plus les femmes que les hommes. Nombre de ces employés à temps partiel sont des « travailleurs pauvres » car leurs revenus sont insuffisants.

Mais à cela s’ajoute le million de chômeurs qui ont perdu leur emploi depuis 2008. Or, le Royaume Uni est probablement l’un des pays européens qui propose les indemnisations chômage les moins avantageuses tant pour le montant que pour la durée, en comparaison d’autres pays comme la France, la Belgique ou la Suisse par exemple. Aussi plutôt que le chômage, les salariés acceptent n’importe quel contrat de travail, même mal rémunéré.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.