France / Islam

Les manifestations «Touche pas à mon prophète» interdites ce week-end en France

Capture d'écran d'une page Facebook «Touche pas à mon prohète ».
Capture d'écran d'une page Facebook «Touche pas à mon prohète ».

Plusieurs grandes villes françaises sont sous haute surveillance ce samedi 22 septembre pour empêcher tout rassemblement contre le film L'innocence des musulmans et contre le journal Charlie Hebdo qui a publié des caricatures de Mahomet. Les autorités françaises ont pris cette décision après la multiplication des appels à manifester ces derniers jours sur les réseaux sociaux et par SMS.

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« Unissons-nous sous un seul mot d'ordre : Touche pas à mon prophète. Si tu es d'accord, clique sur j'aime et partage la page ! » : c'est, depuis une semaine,  le mot d’ordre qui circule sur les réseaux sociaux en France contre le film islamophobe L’innocence des musulmans et les caricatures du prophète Mahomet, publiées mercredi 19 septembre par Charlie Hebdo.

Le slogan, détourné du logo et du message diffusé en 1985 par l'association SOS racisme, est même devenu un hashtag populaire sur Twitter (#TouchepasàmonProphète).
Sur Facebook, des appels à manifester samedi 22 septembre dans plusieurs grandes villes de France ont été lancés, avec toutefois le message de ne pas céder à la violence. D'autres comme « Manifestation à Paris contre le film Innocence of muslims » ont rapidement disparu de la Toile.

Comme alternative à une manifestation, de jeunes musulmans ont trouvé un moyen pacifique de protester pendant le week-end et lancé sur une des pages Facebook Touche pas à mon prophète une collecte de corans après la prière. Ils espèrent les distribuer, durant le week-end, dans les rues de Paris et de Lyon comme cela se fait déjà dans les rues de Londres.

La fermeté de Manuel Valls
 

Manuel Valls: «j'ai donné des instructions très fermes à tous les préfets pour interdire toute manifestation»

Devant l’ampleur du mouvement sur la blogosphère, les autorités ont rapidement pris les devants et interdit tous les rassemblements prévus devant la Grande mosquée de Paris, près de la Concorde et sur la place du Trocadéro. «Aucune dérogation, aucune exception ne sera tolérée», a rappelé Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, lors d'un déplacement à Marseille. Ceux qui seraient tentés de braver l’interdiction risquent six mois de prison et 7 500 euros d’amende.

Les forces de l’ordre sont par précaution sur le qui-vive. Les grandes villes de France restent sous haute surveillance, plusieurs centaines de CRS seront déployés pendant tout le week-end. Un dispositif exceptionnel qui permettrait de boucler très rapidement les zones stratégiques et de bloquer les fauteurs de troubles.

La prière du vendredi s’est déroulée dans le calme

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, avait demandé pour vendredi aux imams de France de prêcher l’apaisement.

Le message a été entendu. A Paris, la situation était calme vendredi 21 septembre, jour de prière à la Mosquée de la porte des Poissonniers dans le 18e arrondissement, où étaient rassemblés plusieurs milliers de musulmans.

Si les fidèles sont toujours choqués par le film blasphématoire L’innocence des musulmans, beaucoup d’entre eux n’iront pas manifester. Azouz, retraité algérien, en vacances à Paris rappelle qu’il «y a des lois en France, et qu’il faut respecter ces lois. C’est comme chez nous en Algérie, quand c’est interdit de manifester, c’est interdit !». Pour Nouredine et Mohammed, il est important de «respecter les règles et les lois du pays où l’on vit.»

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