France / Industrie

Florange : pour les hauts-fourneaux, un repreneur ou la fermeture

Arnaud Montebourg face aux employés d'ArcelorMittal, après sa rencontre avec les syndicats, le 27 septembre 2012, à Florange.
Arnaud Montebourg face aux employés d'ArcelorMittal, après sa rencontre avec les syndicats, le 27 septembre 2012, à Florange. REUTERS/Vincent Kessler

Arnaud Montebourg était jeudi 27 septembre à Florange, en Moselle, dans l'est de la France, pour rencontrer les salariés d’ArcelorMittal, le groupe sidérurgique mondial ayant prévu de fermer le site français. Les hauts-fourneaux sont à l’arrêt depuis des mois et le groupe n’a pas prévu de les relancer. « Le gouvernement français ne veut pas se retrouver à gérer un plan social de plus », a déclaré le ministre du Redressement productif. Les autorités françaises ont promis de tout faire pour convaincre le groupe de changer de plan. Si aucun accord n’est trouvé, le gouvernement se mettra à la recherche d'un repreneur. Mais le projet sera difficile à assumer.

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Avec notre envoyé spécial à Florange, Daniel Vallot

L’idée du gouvernement et d’Arnaud Montebourg, c’est de séparer les hauts-fourneaux (qui fabriquent l’acier) et la phase liquide (la transformation de l’acier) qui serait conservée par ArcelorMittal.

Nous avons proposé à ArcelorMittal d'accompagner la recherche d'un industriel

Jean-Marc Ayrault

Mais il y a plusieurs obstacles majeurs à cette idée. La première difficulté est d'ordre économique : ArcelorMittal n’a pas vraiment envie de faire de la place à un éventuel concurrent en Belgique à Liège. Lorsque le gouvernement belge et les syndicats ont tenté de sauver les hauts-fourneaux en proposant, comme le fait la France aujourd’hui, une reprise par un opérateur extérieur, le groupe a non seulement refusé mais il a en outre prévenu qu’il interdirait à ses filiales et même à ses sous-traitants de traiter avec un éventuel repreneur.

La seconde difficulté est industrielle. ArcelorMittal souhaite conserver la cokerie de Florange. C’est là où est fabriqué le combustible utilisé par les hauts-fourneaux. Sans cette cokerie, impossible de faire tourner le site.

Bref, un projet difficile auquel les salariés ne croient pas vraiment. Pour la plupart des salariés de Florange, comme pour Maurice, 48 ans, démembrer l’usine revient à prononcer son arrêt de mort : « S’il y a un repreneur, il faut qu’il prenne la totalité du site. Là, c’est viable. Pas la moitié ! Vous achetez une voiture sans les roues ? Ce n’est pas logique. Quand je prends une voiture, je prends une voiture complète. Une usine c’est la même chose, on la prend complète, de A à Z. Pas incomplète. »

Les syndicats divisés

Deux d’entre eux, la CGT et Force ouvrière, refusent tout simplement le démembrement et réclament la nationalisation du site, hypothèse qui n’est absolument pas envisagée par le gouvernement français.

La CFDT se dit extrêmement déçue aujourd’hui mais elle est prête malgré tout à parier sur ce projet de reprise. C’est la dernière chance pour Florange, dit la CFDT.

Les syndicats sont divisés sur les objectifs, mais ils restent mobilisés. Ils promettent en tout cas de nouvelles actions. Ils attendent surtout la journée de lundi 1er octobre qui sera, a priori, décisive. Au comité d’entreprise extraordinaire au siège français d’ArcelorMittal,  le groupe, sauf coup de théâtre, devrait annoncer la fermeture définitive des hauts fourneaux de Florange.

Les salariés n'y croient plus

« Ecoeurés » et « attristés », les employés du groupe sidérurgiques sont plus que sceptiques quant à l'éventualité d'un repreneur. Les déclarations d'Arnaud Montebourg n'ont fait que confirmer ce sentiment.

Ca fait 14 mois que je me bats. C'est triste. Il y a pas mal d'ouvriers qui ont eu les larmes aux yeux

Les salariés déçus par les déclarations du ministre

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