France

France : des riverains hostiles chassent des familles roms de leur campement à Marseille

Les traces de l'incendie sur le terrain abandonné par les familles de Roms. Marseille, le 28 septembre 2012.
Les traces de l'incendie sur le terrain abandonné par les familles de Roms. Marseille, le 28 septembre 2012. REUTERS/Jean-Paul Pelissier
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Dans le sud de la France, à Marseille, des riverains hostiles ont chassé jeudi soir 27 septembre des familles roms de leur campement. Une confrontation verbale et pas de violence, tempère la police, mais les défenseurs des plus démunis s'alarment après l'incident.

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L'effarement et la peur d'une répétition de ce genre d'action, c'est la principale réaction des associations d'assistance aux populations roms à Marseille, au lendemain d'une opération contre un campement près d'une cité du nord de la ville.

Ce sont en effet des habitants qui ont eux-mêmes chassés une quarantaine de personnes en errance, installées sur le terrain d'un chantier en construction il y a quelques jours. Ils les ont chassées puis ont mis le feu à des objets abandonnés. Les policiers ont dû intervenir.

La cohabitation entre riverains et Roms aurait donc dégénéré. Une opération prévisible et une action qui va trop loin pour Bernard Eynaud, président de la fédération des Bouches-du-Rhône de la Ligue des droits de l'homme (LDH).

Les populations ont le sentiment que les pouvoirs publics ne font rien [...]. On redoutait ce genre d’action et je continue à le redouter parce que ça va sans doute malheureusement donner des idées à d’autres [...]. A un moment donné, il se passe un problème de survie pour tout le monde.

Bernard Eynaud

Une action qui met les responsables politiques face à leurs lourdes responsabilités. Les habitants de la cité des Créneaux, qui ont expulsé manu militari les Roms, vivent eux-mêmes dans des tours en voie de démolition. Le matin même, des habitants « excédés » par la présence des Roms qu'ils accusaient de cambriolages et de « tout salir » avaient demandé à être reçus par la sénatrice et maire socialiste d'arrondissement Samia Ghali. Ils voulaient l'alerter sur la situation mais ne lui ont pas dit ce qu'ils comptaient faire exactement. Samia Ghali a aussitôt prévenu la police, qui n'a pu intervenir rapidement faute d'instruction de la part du préfet.

Les riverains sont excédés […]. Ils disent qu’ils sont eux-mêmes déjà en précarité et qu’on leur rajoute de la précarité […]. Il y a derrière un trafic mafieux.

Samia Ghali

La Ligue des droits de l'homme a demandé la protection des populations roms et saisi la justice de cet incendie volontaire. Une enquête est d'ores et déjà ouverte pour en identifier les auteurs, indique le bureau du procureur de Marseille. Aucune interpellation n'a eu lieu, en l'absence de violences physiques.

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