France / Reportage

Rixe mortelle d'Echirolles: tous les fuyards aux mains de la police

Des fleurs posées à l'endroit où Sofiane et Kevin ont été sauvagement assassinés à Echirolles, près de Grenoble.
Des fleurs posées à l'endroit où Sofiane et Kevin ont été sauvagement assassinés à Echirolles, près de Grenoble. REUTERS/Emmanuel Foudrot

Une semaine après la rixe mortelle d’Echirolles, en Isère, tous les suspects recherchés depuis mardi ont été arrêtés. Deux d’entre eux se sont rendus d'eux-mêmes jeudi 4 octobre. Pour la plupart, ils appartiennent à ce que les habitants du quartier appellent la « bande du 60 ». 

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Correspondance d’Emmanuel Leclère / France Inter pour RFI

Sur la place des Géants, on sait qui a participé à cette expédition punitive de vendredi dernier, même si l’on ne sait pas encore qui a commis ces horreurs. Un vieil algérien affirme qu’en d’autres temps, ils auraient été pendus haut et court. Il n’a pas de mots assez durs pour ceux qui pourrissent la vie des habitants.

Depuis leur adolescence, une dizaine de gamins en déshérence, devenus de jeunes adultes, tiennent les murs du 60. Un immeuble de la place que personne n’osait plus déranger. Mais dès qu’il s’agit de le dire au micro, les visages se ferment.

Un éducateur a compris, quand il a su les adresses perquisitionnées par les policiers mardi 2 octobre. Depuis, c’est devenu très tendu, car c’est la bande du 60 qui est impliquée. Et l’un de ses membres a été relâché par le parquet mercredi, au grand dam des enquêteurs, selon nos informations. « Les habitants ont peur d’eux, confie un agent de sécurité. Ils ont tous des couteaux sur eux ».

« Cette histoire de la bande du 60 est un naufrage éducatif, confie un travailleur social. Ce n’est pas un problème de police. On les a tous vus s’enfoncer pour des raisons multiples. Les parents eux-mêmes fracassés par la vie, les écoles qui n’en peuvent plus, les collèges qui n’en veulent plus avant même leurs 16 ans, et puis, de vrais éducateurs, qui se comptent sur les doigts d’une main, les voisins qui n’osent plus porter plainte ».

« Je me demandais quand est-ce qu’ils allaient éventrer quelqu’un, conclut un animateur. Maintenant je le sais et je n’en dors plus depuis une semaine ».

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