Accéder au contenu principal
France / Santé

France : l’obésité continue à gagner du terrain, mais sa progression ralentit

En France, les obèses n’étaient «que» 3,6 millions en 1997, ils sont 6,9 millions en 2012.
En France, les obèses n’étaient «que» 3,6 millions en 1997, ils sont 6,9 millions en 2012. Reuters
7 mn

Près de sept millions de Français sont obèses. C’est le constat alarmant d’une enquête nationale rendue publique ce mardi 16 octobre, qui note cependant un ralentissement depuis quinze ans de la progression du nombre de Français en surpoids dans l’Hexagone. L’étude, réalisée auprès de 25 000 personnes de plus de 18 ans, démontre, s’il en était encore besoin, les liens étroits entre obésité et âge et sexe mais aussi entre obésité et pauvreté. La lutte contre ce fléau est ainsi plus que jamais d’actualité et mobilise la sphère politique.

Publicité

En 2012, l’obésité frappe 15% de la population adulte, soit un peu plus de 6,9 millions de personnes. Les obèses n’étaient « que » 3,6 millions en 1997. Ainsi, sur cette même période, les Français ont pris 3,6 kg en moyenne pendant que leur tour de taille passait de 85,2 cm à 90,5 cm. Les épidémiologistes soulignent que le ralentissement global de la progression de l’obésité chez les enfants paraît réel, tandis que celui concernant les adultes des deux sexes doit être confirmé par d'autres études. Pendant que la progression de l’obésité tend à ralentir, les contours des facteurs déclencheurs de la pathologie sont de plus en plus nets.

Les fractures sociale et régionale se confirment

L’obésité en France apparaît très « sectorisée ». Les femmes, les plus pauvres et les jeunes cumulent le plus grand nombre de facteurs à risques face à cette maladie.

Alors que la fréquence de surpoids demeure plus importante chez les hommes, touchés à plus de 38% (26,3%), l’enquête ObEpi-Roche souligne que, depuis presqu’une décennie, l’obésité augmente plus rapidement chez les femmes - elle atteint 15,7% - que chez les hommes. Depuis 1997, l’obésité féminine s’est accrue surtout chez les 18-25 ans (+89,2% contre +62,5% chez les hommes).

Parallèlement, l’enquête 2012 souligne à nouveau les disparités régionales face au phénomène. Les populations les plus en proie à l’obésité se concentrent dans le nord de la France (la région la plus touchée étant le Nord-Pas de Calais à 21,3%). La région Midi-Pyrénées obtient le plus faible score avec 11,6%. L’Ouest est pour sa part moins touché que l’Est (12% en Bretagne contre 18,6% en Alsace). Une exception cependant : la fréquence de l’obésité est supérieure à la moyenne nationale dans le Bassin parisien (20,9% en Champagne-Ardenne, 20% en Picardie par exemple).

En 2012, l’écart entre classes sociales face à la fréquence de l’obésité se confirme : elle atteint 30% des personnes confiant « ne pas y arriver sans faire de dettes » alors qu’elle est en dessous de la moyenne nationale dans les foyers financièrement aisés. Le diabète s’ajoutant par ailleurs à l’obésité chez les moins fortunés.

Il en va de même chez les jeunes. L’obésité frappe ceux qui sont les moins aisés. Le surpoids touche un jeune sur quatre dans les foyers les plus modestes où le revenu mensuel est inférieur à 1 250 euros, tandis qu’il n’atteint qu’un adolescent sur dix chez les plus aisés. Cela étant, les jeunes dans leur globalité sont de plus en plus frappés par le phénomène.

De plus en plus de pratiques à risques chez les jeunes

Neuf millions de Français ont entre 15 et 25 ans. Chez eux, l’obésité est entretenue, voire

Plus de 30% des jeunes reconnaissent grignoter en cas de stress.
Plus de 30% des jeunes reconnaissent grignoter en cas de stress. Getty images/Tom Grill

favorisée, par de nombreuses pratiques à risques auxquelles ils s’exposent en priorité. Parmi elles, le contexte dans lequel les repas sont consommés. Selon une autre enquête réalisée pour la société de conseil dans le domaine social Doing Good Doing Well le 11 octobre, manger devant un écran accroît le risque d’obésité. Or, entre 15 et 25 ans - tranche d’âge où le surpoids frappe plus d’un adolescent sur cinq - plus d’un jeune sur deux (61%) mange devant un écran au moins une fois sur deux. Aussi, ceux qui ne présentent par de surpoids ne sont pas conscients de cette habitude néfaste.

Chez les 15-25 ans, qui consacrent une grande partie de leur budget à l’habillement et aux nouvelles technologies, l’alimentation n’apparaît pas comme un élément à part entière de leur quotidien. Plus de 30% des jeunes reconnaissent grignoter en cas de stress, presque la moitié d’entre eux ne prennent pas de petits déjeuners quotidiennement et les repas pris debout, voire sautés, sont pour leur part de plus en plus courants.

Enfin, l’absence de pratique sportive et la consommation régulière de sodas au détriment de l’eau contribuent fortement à l’accroissement du surpoids et de l’obésité.
Alors que la fréquence de l’obésité croît avec l’âge, l’enquête ObEpi 2012 mentionne que c'est dans la tranche des 18-24 ans que son augmentation a été la plus forte entre 2009 et 2012 (+35% alors que la variation va de -1,5% à +4,5% à d'autres âges).

Des négociations avec les grandes entreprises en vue

Le ministre veut obtenir une diminution des doses de sucre, sel et graisses dans les produits.
Le ministre veut obtenir une diminution des doses de sucre, sel et graisses dans les produits. D.R.

Le constat de l’enquête ne peut laisser les pouvoirs publics muets tant les risques d’accroissement de l’obésité sont importants en France. Car l’obésité, en plus d’être un handicap, multiplie les risques de maladies cardio-vasculaires, les douleurs articulaires, favorise l’apnée du sommeil et l’asthme…

Ainsi Guillaume Garot, le ministre chargé de l'Agroalimentaire, a décidé d’agir en ciblant d’abord l’industrie alimentaire, secteur où de nombreux produits possèdent une valeur nutritionnelle de piètre qualité. Guillaume Garot souhaite qu’un accord soit passé dans les semaines à venir avec les industries pour qu’une réelle amélioration des produits soit mise en place. Le but de ces négociations est non seulement d’obtenir une diminution des doses de sucre, sel et graisses dans les produits mais aussi de permettre aux consommateurs de s’y retrouver dans les étiquettes parfois douteuses en simplifiant les sachets d’emballage. Car, comme le souligne Guillaume Garot, « aujourd’hui, pour comprendre une étiquette nutritionnelle, il faut être quasiment ingénieur chimiste ». Cerise sur le gâteau : le ministre souhaite la mise en place de logos de couleur pour distinguer les différents types d’aliments selon leur « dangerosité ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.