France / Justice

Irradiés d'Epinal: des peines de prison ferme requises pour les trois praticiens

Les avocats de l'association des irradiés d'Epinal autour de Me Gérard Weltzer (2e G), Paris, le 24 septembre 2012.
Les avocats de l'association des irradiés d'Epinal autour de Me Gérard Weltzer (2e G), Paris, le 24 septembre 2012.

De 2001 et 2006, environ 450 patients atteints d'un cancer de la prostate et soignés par radiothérapie à l'hôpital d'Epinal, dans les Vosges, ont été sur-irradiés. Ces surdoses ont à l'époque été causées par des erreurs d'appréciation, des mauvais calculs, une absence totale de vérification du matériel et des données. Jugés depuis un mois devant le tribunal correctionnel de Paris, les deux radiothérapeutes et leur collègue radio-physicien soupçonnés d'être à l'origine de cette tragédie ont écouté ce mardi 23 octobre 2012 le long réquisitoire du ministère public. Sans broncher. Des peines de prison ferme ont été requises.

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Avoir réveillé les consciences, dans l'administration comme chez les spécialistes de la radiologie, c'est bien le seul mérite que le ministère public reconnaît à cette catastrophe sanitaire. Il s'agit d'une catastrophe unique en son genre par son ampleur, et elle aurait pu être évitée. Seulement voilà, à Epinal, des praticiens expérimentés ont péché par orgueil.

Le premier est un radio-physicien désinvolte qui s'est permis de modifier, quasiment à l'aveugle, les paramètres d'un appareil de soins ultrasophistiqué sans confronter son expérience avec celle de ses confrères-concurrents de Nancy, sans former correctement ses assistants et en faisant sauter toutes les procédures de contrôle. Pire, une fois le scandale dévoilé, cet homme sans scrupules n'a pas hésité à soustraire des pièces à conviction et à falsifier des documents qui le compromettaient. C'est lui que le réquisitoire a d'abord pilonné méthodiquement, ce qui ne l'a pas fait bouger d'un cil.

Assis à ses côtés, deux médecins de renom dans les Vosges n'ont pas été épargnés. Selon le ministère public, ces radiothérapeutes ont tout simplement piétiné leur serment d'Hippocrate puisqu'ils ont négligé sciemment d'alerter les autorités et d'accompagner médicalement les patients sur-irradiés dans le seul but de sauver leur peau. Cette «omission de porter secours à personne en danger» risque fort de leur coûter cher.

Dans ce dossier, l'ancienne directrice de l'hôpital d'Epinal sera manifestement relaxée. Elle est la seule à avoir tout fait pour alerter les autorités et pour assurer une prise en charge décente des patients sur-irradiés. Malheureusement, personne ne l'a suivie.

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