France / logement

Crise du logement : le DAL publie une liste d’immeubles parisiens inoccupés

La crise du logement persiste en région parisienne et dans toute la France.
La crise du logement persiste en région parisienne et dans toute la France. RFI / Christophe Carmarans
Texte par : Christophe Carmarans
4 mn

L’association indépendante Droit au logement (DAL) a publié, ce samedi 3 novembre, sur son site internet, une liste d’immeubles parisiens inoccupés. Cette démarche intervient quatre jours après l’annonce par la ministre du Logement Cécile Duflot qu’elle n’excluait pas de réquisitionner des logements vacants pour les mettre à disposition des sans-abri.

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Alors que la crise du logement occupe le devant de la scène depuis le début de la trêve hivernale des expulsions et l’annonce par la ministre Cécile Duflot qu’elle n’excluait pas de réquisitionner des logements inoccupés, le DAL (Droit au logement) a publié ce samedi 3 novembre, sur son site internet, une liste d’une dizaine de bâtiments ou logements vacants situés dans Paris intramuros.

De 250 m² à 5 000 m²

Cette liste recense des espaces allant de 250 m² à 5 000 m² qui sont propriété de l’Etat, de sociétés privées, ou encore de particuliers français ou étrangers. Certains sont libres depuis seulement six mois, comme l’ancien siège de la gendarmerie nationale dans le XVIe arrondissement, d’autres le sont depuis bien plus longtemps comme cet appartement de 1 500 m² situé place des Vosges et propriété d’un particulier, sorte d’emblème de la lutte pour le droit au logement puisqu’il a déjà été occupé par trois fois en 1994, 2007 et 2010.

« Cette liste n’est évidemment pas définitive », a tenu à faire savoir Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL, dans un entretien accordé au site La Vie Immo. « On estime que la France compte actuellement une centaine de milliers de logements vides, dont certains le sont depuis longtemps, par négligence, égoïsme de la part de leurs propriétaires, ou pour des motifs spéculatifs », a-t-il expliqué.

Après avoir annoncé l’ouverture prochaine sur le site du DAL d’une espace participatif pour recenser tous les locaux et logements vacants en France, Jean-Baptiste Eyraud a précisé qu’il mettrait à disposition du gouvernement « dès qu’il le demandera » toutes les données dont l’association dispose. Le porte-parole a cependant tenu à rappeler que la réquisition « faisait partie des solutions » mais qu’elle « n’était pas la réponse à la crise du logement ».

L’Insee recense au total 2,29 millions de logement inoccupés en France, ce qui ne signifie pas qu’ils soient tous en situation d'être réquisitionnés. L’ordonnance de 1945 qui prévoit la réquisition exige par exemple que le local soit inutilisé depuis plus de huit mois pour tomber sous le coup de la loi. D’autres logements vacants sont impropres au relogement, souvent pour des raisons de vétusté et de sécurité.

Rare mais déjà fait

Depuis 1945, environ 120 000 logements ont fait l’objet de réquisitions, principalement au début des années 1960 lorsqu’il a fallu faire face au retour des Français d’Algérie. Après l’élection de Jacques Chirac en 1995, son Premier ministre Alain Juppé avait également eu recours à l’ordonnance de1945, suite à une promesse de campagne de l’ancien maire de Paris.

Pour l’heure, Cécile Duflot n’a fait que brandir la menace de la réquisition car le gouvernement veut examiner le dossier dans son ensemble et faire un inventaire complet avant de prendre des mesures. « Nous en aurons le résultat dans quelques semaines (…) mais les lois existent et nous entendons les appliquer », a indiqué jeudi 1er novembre le Premier minsitre Jean-Marc Ayrault lors d'une visite au Samu social de Créteil, en région parisienne, une marque supplémentaire de soutien à Cécile Duflot.

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